Rue Saint-Honoré - Parcelle n°255 (Empire)

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Maisons n°255-257 (G. Davioud, 1852, II-38, voir Biblio).Original Ville de Paris/BHVP]

Numéros successifs de la parcelle

Les numéros de parcelles correspondent le plus souvent aux numéros des maisons (ou immeubles). À Paris, plusieurs systèmes de numérotation des biens fonciers et immobiliers se succèdent de l'Ancien régime à la période contemporaine. Voir leurs principes respectifs. Rue Saint-Honoré, le système de numérotage se complique pendant la Révolution du fait de la mise en place du numérotage "sectionnaire" et parce que cette artère est limitrophe de 7 sections dont chacune a une logique de numérotage particulière. Voir la vue d'ensemble des sections de la rue Saint-Honoré.

Type (période) Terrier (avant 1780) Royal (1780-1791) Sectionnaire (1791-1805) Empire (depuis 1806) Actuel
Numéro n°5 n°545 n°151 n°255 N.S. (Emprise r. de Rohan)
Rattachement Terrier de l'Archevêché [1] Paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois Section Tuileries 1er Arrondissement (ancien) [2] 1er Arrondissement

Correspondance des numéros

Caractéristiques, historique

  • « A vendre : Maison, rue Saint-Honoré, au coin de celle de Rohan, occupée par un chapelier, et consistant en un corps de logis élevé d'un entre-sol, trois étages quarrés, deux boutiques et 6 croisées de face [3], (publications) produit 5600 livres.» (Bureau de la rue Saint-Magloire, Tableau des biens particuliers et journal des domaines nationaux qui sont à vendre, 25 juillet 1792, p. 2).
  • Cette maison n°255 (Empire) rue Saint-Honoré et n°29 (Empire) rue de Rohan sur une surface de 74 m² est expropriée puis définitivement démolie au plus tard en 1854 dans le cadre des opérations de percement du deuxième tronçon de la rue de Rivoli, décidée en 1848. Son propriétaire et les locataires du moment : Mme Vve Guerreau, prop., Stopin, chapelier, Bastien, Daguérréotypo, Barral, horloger, bénéficient d'indemnités d'éviction fixées par un jury souverain [4].

Comme l'indiquent les plans d'expropriation, le projet d'urbanisme initial prévoie ici l'élargissement de l'emprise de la rue de Rohan [5].

Propriétaire(s) avant 1789

  • L'Hospice des Quinze-Vingts, depuis sa fondation par saint Louis, est propriétaire des terrains de l'enclos dont fait partie cette parcelle sur laquelle se trouve la chapelle de l'hospice démolie au plus tard en juin 1780 peu après le transfert de l'hospice rue de Charenton (Le Grand, p. 87).
  • M. Seguin et Cie, propriétaire le 31 décembre 1779 (AN, Minutier central, LXXI, 22, cité par J de la Monneraye, Terrier de la censive de l'archevêché de Paris, t. 2, p. 266) de la parcelle n°5 rue Saint-Honoré (Terrier), d'une superficie de 19 toises (Atlas des censives de l'archevêché, 1786, Feuille 15 bis).

M. Seguin et Cie, société prête-nom du Duc d'Orléans (futur Philippe-Egalité), bénéficie de lettres patentes de Louis XVI en décembre 1779 pour acquérir l'ensemble de l'enclos des Quinze-Vingts, y jouir des loyers des immeubles de rapport construits à partir de 1748 par lhospice y édifier de nouveaux immeubles le long de 6 nouvelles voies créées dans l'enclos [6].

Ces nouvelles voies dont la rue de Rohan et la rue de Valois, ouvertes en 1781, apportent une nouvelle scansion à la rive Sud de la rue Saint-Honoré entre la place du Palais-Royal et la rue Saint-Nicaise. Ainsi la société M. Seguin et Cie propriétaire des parcelles n°545, 546, 547, 550 (Royal) soit respectivement les parcelles terrier désignées par les n°5 rue St Honoré, 1 rue de Rohan, 4 rue Saint-Honoré, 12 rue de Valois (Atlas de la censive de l'archevêché, 1786, Feuille 15 bis, tableau de renvoi).

Propriétaire(s) Révolution-Empire

  • Seguin et Cie, jusqu'en 1792.

Faute d'une bonne commercialisation des logements et boutiques, et du fait de problèmes juridiques et fiscaux entre l'archevêché de Paris et l'hospice, Séguin et Cie encaisse des loyers très inférieurs aux prévisions et se voit dans l'impossibilité d'honorer les échéances des emprunts consentis par les banquiers italiens, « les Génois ». Le Roi voulant tenir ses engagements vis-à-vis des banquiers avance à la société 4 millions de livres par un arrêt du Conseil d'État du 8 février 1787. Cette somme est manifestement insuffisante. Poursuivie par ses créanciers la société est contrainte de vendre tous les immeubles au début de 1792 :
« Avis important pour la vente de tous les terrains & bâtiments de l'ancien enclos des Quinze-Vingts, composant quatre-vingt-dix maisons », Journal de Paris, n°1, 2 janvier 1792.
L'assemblée Nationale par un décret du 6 janvier 1792 ordonne de saisir le produit de cette vente à concurrence des sommes avancées par le Roi à Séguin et Cie (B. Duvergier, Collection complète des Lois décrets… du Conseil d'État, t. 4, p. 41-42).

  • En 1792 acquéreur non identifié.

Propriétaires à partir de 1810

Non identifié en 1810. Mme veuve Guerreau, propriétaire en 1854, exproprié.

Occupants

  • Dulong, chapelier, au coin de la rue de Rohan, s.n° (1793), n°151 (Tuileries) (1798), n°255 (Empire) (1805).

Noté précédemment au n°539 (Royal) (1791)
« Appartement au 1er composé de 3 pièces avec petite cuisine et cave, présentement ou pour Pâques dans une maison à portier. Au coin de la r. de Rohan. S'adr. à Dulong chapelier dans ladite maison. » (Affiches, 27 février 1793, p. 854).

  • Ettingshauffen, (ou Ethingshaussen, Echtenhauzen), jardinier, fleuriste, grainetier, pépiniériste, ... au coin de la rue de Rohan (1786), Ethingshaussen, rue Saint-Honoré, près le Palais-Royal, s. n° (Gournay, 1789-1790, p. 608).

« Echtenhauzen, rue Saint-Honoré, au coin de celle de Rohan, fleuriste, botaniste et marchand grainier de S.A.S. Mgr le Duc d'Orléans, tient assortiment de toutes sortes de graines et fleurs à fleur et potagères, fleurs, oignons de fleurs, arbres, arbrisseaux, & entreprend la conduite des jardins & serres chaudes en toutes saisons. » (Tablettes, Epicerie-Droguerie, 1786, p. 34).
Etinghaussen emploie plusieurs personnes et sollicite l'administration des finances de Paris de lui fournir du numéraire contre 1000 livres en assignats pour pouvoir leur verser leurs salaires (AN, F/30/115, Requête du 4 mars 1790). Citoyen actif n°608 de la section de Tuileries (Anonyme, Liste des citoyens éligibles de la Section des Tuileries, 1790).
« Etteingshauffen, pensionnaire de Mgr le Duc d'Orléans, tient indépendamment de son commerce de graines, un magasin de fleurs naturelles de toutes saisons ; il entreprend la fourniture des jardins d'hyver qu'on établit dans les appartements & est chargé particulièrement de celui de madame de Matignon, près le jardin des Thuileries. » (Tablettes, 1791, "Art").
Déménage fin 1793-début 1794 au n°1626 boulevard Montparnasse (Affiches, 7 germinal an II [27 mars 1794], p. 6835-6836).

Bibliographie

Visiter les parcelles voisines

Numéro pair vers l'Ouest Parcelles en vis-à-vis côté Nord Numéro pair vers l'Est
n°224 (Empire)
n°222 (Empire) n°220 (Empire)
rue de Richelieu n°218 (Empire)
Parcelle contiguë vers l'Ouest Cette parcelle côté Sud Parcelle contigüe vers l'Est
n°257 (Empire)
n°255 (Empire)
rue de Rohan n°253 (Empire)

Notes et références

Les sources et références générales du projet Localisations parisiennes 1780-1810 sont regroupées dans : Sources & Références (Paris 1780-1810)
  1. A. Brette, Atlas des plans de la censive de l'Archevêché dans Paris, Paris, Imprimerie Nationale, 1906, Feuille n°15 bis Voir le plan.
  2. 4ème Quartier, Tuileries ; Ilot 18 (AN, F/31/73/40). Voir le plan parcellaire en ligne.
  3. Le relevé de façade de Davioud laisse penser que cette maison présente quatre croisées sur la rue Saint-Honoré et deux sur la rue de Rohan.
  4. AN, F/21/1707, Préfecture de la Seine, Ville de Paris, Registre des décisions du deuxième jury d'expropriation pour le prolongement de la rue de Rivoli (Arcades), 18 mars 1854 (3ème catégorie, 1ère feuille).
  5. Voir le plan des destructions et des créations des nouveaux ilots (1853).
  6. Ces lettres patentes sont publiées dans le Journal de Paris, 9 janvier 1780, p. 35-36 (Lire en ligne sur Gallica).