Cour des Jacobins (Paris) Parcelles et habitants Révolution-Empire

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Couvent des Jacobins le 27 juillet 1794 : cour, église, remises. Au fond à droite maisons du cul-de-sac Saint-Hyacinthe (Estampe par Couché, Musée Carnavalet, voir l'original).

Caractéristiques

D'après le plan des experts de 1791 (AN, Q2/121/14) (D. Waquet, février 2020).
  • La grande cour, partant du passage vers la rue Saint-Honoré, présente la forme de trois rectangles placés en U autour de l'église du couvent. Comme toutes les cours du monastère elle est pavée en grès [1].

En plus de permettre l'accès à l'église, aux bâtiments conventuels, y compris les deux pavillons de part et d'autre de l'église, et au très grand jardin potager en arrière de ces bâtiments, la cour donne accès à différentes constructions :

  • Les remises du monastère (en rose sur le schéma ci-contre) sont réparties de part et d'autre de la cour. A droite, vers l'Est, adossées au mur du jardin de la maison en arrière du n°296 rue Saint-Honoré se trouvent 9 travées de remises, visibles sur l'estampe ci-dessus, et aussi la maison du portier, située, elle, dans l'angle formé par les remises et le grand bâtiment. A gauche, côté ouest, vers la place Vendôme, ont été construits « deux édifices élevés d'un rez-de-chaussée et couverts en appentis, contenant dix-neuf remises et un passage, toutes lesquelles remises sont fermées par des portes à deux vantaux, garnies de leurs ferrures. » (Rapport des experts, 1791, op. cit, p. 6).

Après la confiscation, les remises sont rapidement remises en location :
« Biens nationaux à louer : Six remises dans la petite et la grande cour des Jacobins-Saint-Honoré, numérotées 5, 7, 14, 19, 5 et 10, ci-devant 120 livres chacune. A louer présentement » (La Feuille du jour, n°22, 22 janvier 1791, p. 174).

  • Une petite maison à l'angle sud-ouest, à laquelle on ne peut accéder que par cette cour et qui est louée à M. Bourdeille. Il s'agit très vraisemblablement de Paul Fayard de Bourdeilles, propriétaire du petit hôtel de Noailles, ci-devant hôtel de Brienne, dont la parcelle jouxte cette maison.
  • Le grand bâtiment au Sud-Est n'est accessible que par la cour par rapport à laquelle il est surélevé d'une hauteur de quatre marches. Ce grand bâtiment en moellons est édifié avec un rez-de-chaussée et quatre étages carrés plus un étage lambrissé sous comble. Le rez-de-chaussée est composé de 5 pièces, une cuisine et escaliers. Les étages disposent respectivement de 8, 9, 7, 7 pièces et le comble de 7 chambres. Toutes ces pièces et chambres sont pourvues de cheminée (Archives Nationales, Q2/120/31, Comité d'aliénation des biens nationaux, MM. Pinon et Jonquet, Rapport d'expertise, Maison cour des Jacobins, rue Saint-Honoré, Paris, 4 août 1790.).

Voir l'intégralité de la transcription du Rapport des experts par Dominique Waquet (février 2020).

Ce grand bâtiment dispose d'une cour au sud, commune avec la maison n°307 (Royal), et dans laquelle se trouve un puits commun, auquel on peut aussi accéder depuis le passage qui mène à la rue Saint-Honoré.
Cette maison a été aménagée comme l'indique bien l'annonce d'avril 1794 ci-dessous, puisqu'elle est le seul bâtiment de l'enclos des Jacobins correspondant aux caractéristiques générales rappelées dans l'annonce (5 étages, cour, grand nombre de pièces).

Propriétaire avant 1789

Les Jacobins.

La congrégation loue les deux grandes maisons de cette cour à des commerçants et des particuliers.

Propriétaire Révolution-Empire

  • Le domaine National.

Le Domaine national tente de valoriser ce nouveau patrimoine, comme dans cette annonce :
« On est en outre chargé de proposer ... 3°. Maison à louer ou à vendre, cour des Jacobins Honoré, ayant cour et 3 boutiques au rez-de-chaussée, dont une propre à faire un superbe café ; cette maison est composée de 5 étages, divisés en 3 appartements à chaque étage. Son produit peut être estimé de 14 à 15 000 livres, elle est propre à faire une maison garnie par la manière dont elle est distribuée et à cause de sa position dans le quartier de Paris le plus fréquenté. Prix 220 000 livres. On ajoute que cette maison bâtie depuis 25 ans est toute en pierre de taille, que sa construction coûterait aujourd'hui 800 000 livres ... S'Adr. pour le tout [soit au total 32 biens immobiliers] au citoyen Lebesgue, rue Guénégaud, n°1063, chez lequel on peut toujours trouver à négocier en très peu d'heures ... cette maison de commerce offrant toutes les sûreté que l'on peut désirer...» (Affiches, 24 germinal an II [13 avril 1794], p. 7136-7138).

Occupants

  • Dié, Jean-Baptiste, vitrier, « Cour des Jacobins, n°2 » (1796), n°1485 (But.) (1802).

Le 18 floréal an 4 (7 mai 1796) a été baptisée Marie-Pierrette-Suzanne, fille de Jean-Baptiste Dié, et de Ghislaine (?) Dusault, son épouse, demeurant en la cour des Jacobins n°2, et a eu pour parrain Pierre-Joseph Barmant et pour marraine Marie-Louise-Nicole Poyer femme Dié (AH Arch. Paris, Saint-Roch, BMS, 1794-1796, p. 96).
Jean-Baptiste Dié est témoin de moralité, avec ses voisins Henri Lemoine, Pierre Foucault et Jean-Baptiste Dupont, de Pierre-Louis Mérat, qui demande la délivrance d’une nouvelle carte de sûreté en 1802 (Archives de la Police AA/115, Passeports, cartes de séjour, 1802, le 22 prairial an 10 [11 juin 1802]).

  • Dupont, Jean-Baptiste, menuisier, cour des ci-devant Jacobins, n°60 (But.) (1802).

Jean-Baptiste Dupont est témoin de moralité, avec ses voisins Henri Lemoine, même cour, Pierre-Léonard Foucault, marchand de vin et J. Baptiste Dié, vitrier, rue Saint-Honoré, de Pierre-Louis Mérat, qui demande la délivrance d’une nouvelle carte de sûreté en 1802 (Archives de la Police AA/115, Passeports, cartes de séjour, 1802, le 22 prairial an 10 [11 juin 1802]).

  • Flahaut, maître menuisier, cour des Jacobins, (1790).

Le 17 mars 1790, le Sr Flahaut, maître menuisier, cour des Jacobins, rue Saint-Honoré, demande à l'administration des finances de Paris de lui procurer du numéraire contre des assignats afin de pouvoir payer ses 15 ouvriers (AN, F/30/118).

  • Fritsch, Xavier, portier des Jacobins (1791).

Il porte plainte pour vol des soupiraux de l'église dans la nuit du 29 au 30 avril 1791 (Tuetey, Répertoire, t. 2, art. 2228).

  • Galetty, G. F., imprimeur, aux Jacobins Saint-Honoré (1794).

G.F. Galetty, dans la cour des Jacobins Saint-Honoré, imprimeur du Journal des Lois le 24 brumaire an II (Tuetey, Répertoire, t. 10, art. 752). Adresse de Duquesne, citoyen sans culotte versaillais au Cn Crassous, représentant en commission à Versailles, 12 germinal an II [1er avril 1794]. A Paris, de l'imprimerie de G.-F. Galletti, aux Jacobins Honoré (Coll. Part.).

  • Lemoine, Henry-Joseph, serrurier, cour des Jacobins (1791), s. n° (1802).

Le 2 novembre 1791, Lemoine, serrurier, cour des Jacobins a proféré des insultes à l'encontre des commissaires du comité de section, ce dont s'excuse sa femme (Tuetey, Répertoire, t. 5, art. 3293 et 3308).
Henri-Joseph Lemoine est témoin de moralité, avec ses voisins Jean-Baptiste Dupont, même cour, Pierre-Léonard Foucault, marchand de vin et Jean-Baptiste Dié, vitrier, rue Saint-Honoré, de Pierre-Louis Mérat, qui demande la délivrance d’une nouvelle carte de sûreté en 1802 (Archives de la Police AA/115, Passeports, cartes de séjour, 1802, le 22 prairial an 10 [11 juin 1802])
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  • Maison Perchet, hôtel garni, cour des Jacobins (1788-1798).
  • Perché (ou Perchet), maître de maison garnie (1788-1798).

Déménage au n°332 à la suite de la démolition des bâtiments où il tenait son hôtel.

Est citée Madame Perché, cour des Jacobins, (Al. R., 1792, p. 129). En 1798, La maison Perchet est notée au n°1489 [But.] du fait que les immeubles de la Cour des Jacobins ne sont pas numérotés de la même façon aux deux périodes.

  • Perdry, Charles-Louis, homme de loi, électeur du Département de Paris, cour des Jacobins (1793-1794).

Charles-Louis Perdry, 35 ans, homme de loi, cour des Jacobins, électeur du Département de Paris, (Al. N., 1793-an II, p. 347), membre du Conseil général de Paris, (id. p. 391), président du tribunal du 2ème arrondissement, divorcé d'Élisabeth-Joséphine-Eugène Dollé en janvier 1793 (Affiches, 17 janvier, p. 232). Membre du Comité central révolutionnaire au cœur des événements des 31 mai-2 juin 1793, il est inquiété en l'an II puis déménage ensuite pour la r. Neuve-des-Petits-Champs. (Tuetey, Répertoire, t. 9, p. xvii). La suite de son parcours mouvementé est décrite par A. Soboul (A. Soboul, Répertoire des personnels sectionnaires de l'an II, p. 72).
Charles-Louis Perdry, alors domicilié rue du Rocher, achète fin 1795 à Bertrand Margueritte et son épouse, une maison à Gagny (AN, ET/XIX/912, Archives notariales de Me Simon Lefebvre du 23/09/1795 au 21/09/1796, acte du 6 brumaire an IV. Lire en ligne).

  • Riesener, Henri-François, artiste-peintre, dans l'enclos des Jacobins (1801-1802).

Henri-François Riesener (Paris, 1767 – Paris, 1828), peintre portraitiste, fils de l'ébéniste Riesener, épouse en 1807 Félicité-Anne-Louis Hassassin-Longroy (1786-1847), dame d'annonce de l'impératrice Joséphine. Il peint le portrait de son épouse en compagnie de sa sœur Adélaïde en 1808 (Musée des Beaux-Arts d'Orléans) (Geneanet, Xavier Dosseur).

  • Roussel, locataire et occupant du rez-de-chaussée du grand bâtiment dans la cour des Jacobins (1790).

Cette personne est citée de cette façon par les experts dans leur rapport d'estimation de la grande maison de la cour des Jacobins. Il se peut qu'il s'agisse de Roussel, ébéniste, locataire de la maison n°309 (Royal) à gauche du porche du passage des Jacobins. Mais les mêmes experts, dans leur description de la maison n°309, orthographient ce nom Rousselle, plusieurs fois.

Résidents

  • Labrousse de Beauregard (de), Bernard, chanoine de Chancelade, prieur curé de Champagnolles, député aux États-Généraux et à l'Assemblée Nationale Constituante, aux jacobins chez M. Perchet puis au n°492 (Royal), rue Saint-Honoré (1790) (Brette, États Généraux, t. 2. Gallica).
  • Laporte, François, curé de Saint-Martial d'Hautefort, député aux États-Généraux et à l'Assemblée Nationale Constituante, cour des Jacobins puis n°492 (Royal), rue Saint-Honoré (1790) (Brette, États Généraux, t. 2. Gallica).
  • Peyssard, Jean-Pascal-Charles, maire de Périgueux, député de la Dordogne, membre de la Convention Nationale, réside « rue Saint-Honoré et rue Bailleul, hôtel d'Aligre» pendant toute la législature (12-92, 4-93, 12-93, 12-94). Membre du Conseil des Cinq-Cents il réside « rue Saint-Honoré 4, cour des Jacobins » (4-96, 12-98).
  • Texier, Nicolas-Jean-René, chapelain de la Reine, chanoine de la cathédrale de Chartres, député aux États-Généraux et à l'Assemblée Nationale Constituante, chez Mme Percheré, cour des Jacobins, rue Saint-Honoré (1791) (Brette, États Généraux, t. 2. Gallica).
  • Texier-Mortegoute, Léonard, Michel, juge de paix à Dun, député de la Creuse, membre de la Convention Nationale il est cité comme résidant initialement « maison Perdrix, cour des Jacobins-Saint-Honoré » (12-92, 4-93), puis n°1493 [Butte] rue Saint-Honoré (12-93, ) et enfin n°26 rue de Richelieu (12-94).

Visiter le couvent des Jacobins

Vers le couvent

Rejoindre la rue Saint-Honoré

vers l'Ouest par le porche des Jacobins vers l'Est
n°330 (Empire)
n°328-A (Empire) = rue du Marché Saint-Honoré en 1807
n°328 (Empire)

Notes et références

  1. (AN, Q2/121/14, Comité d'aliénation des biens nationaux, MM. Verniquet et Mouchelet, experts, Couvent des Jacobins, Procès-verbal d'estimation, Paris, 1er février 1791, p. 7. Voir et télécharger sur archive.org l'intégralité de la transcription du rapport des experts par Dominique Waquet (février 2020)).