« Place du Palais-Royal (Paris) Parcelles et habitants Révolution-Empire » : différence entre les versions

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Des lettres patentes du 22 avril 1769 modifient l'ordonnancement de la place du Palais-Royal dans le cadre du déplacement de l'hospice des Quinze-Vingts rue de Charenton, de la destruction de plusieurs maisons du côté Ouest de la place et du lotissement consécutif de l'ancien enclos. Louis XVI décide, entre autres, de faire construire sur les côtés Ouest et Est des immeubles à pans coupés à chaque angle avec la rue Saint-Honoré et de faire détruire le château d'eau <ref><small>Lazare, ''Dictionnaire des rues de Paris'', 1844, p. 519.</small></ref>.  
Des lettres patentes du 22 avril 1769, complétées par de nouvelles lettre du 7 août suivant, modifient l'ordonnancement de la place du Palais-Royal pour en permettre l'agrandissement. Le roi ordonne <br/>
- la destruction de plusieurs maisons de la place à l'Est, rue Fromenteau, et à l'Ouest celles qui sont alors propriétés de l'hospice des Quinze-Vingts, ainsi que que celle du Château d'eau,<br/>
- la construction sur ces côtés de maisons à « décoration uniforme » dont les « façades, précisent les Lettres, soient exécutées en pierre et non en moellons ou meulières [...] et que toutes les saillies, corps et décorations qui sont figurés aux dessins soient entièrement et exactement suivis » <ref><small>Cité par Lazare, ''Dictionnaire des rues de Paris'', 1844, p. 519.</small></ref>.
 
Sont prévus des immeubles à pans coupés à chaque angle avec la rue Saint-Honoré.


Les nouveaux immeubles sont effectivement terminés en 1776 <ref><small>Comme on peut le vérifier sur l'estampe illustrant l'incendie de 1781. [[(Rue Saint-Honoré - Parcelle n°225 (Empire)|Voir l'estampe]].</small></ref>, mais le château d'eau est conservé et n'est détruit qu'en 1848 après avoir été incendié par les manifestants. Entretemps, l'incendie de l'Opéra en 1781 amène le duc d'Orléans à faire réaménager la totalité de la grande façade de son palais entre la rue de Richelieu où est érigée ce qui devient la Comédie Française et le passage de Valois. L'architecte [https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Louis_Moreau-Desproux Moreau-Desproux] signe cette réalisation qui subsiste de nos jours.
Les nouveaux immeubles sont effectivement terminés en 1776 <ref><small>Comme on peut le vérifier sur l'estampe illustrant l'incendie de 1781. [[(Rue Saint-Honoré - Parcelle n°225 (Empire)|Voir l'estampe]].</small></ref>, mais le château d'eau est conservé et n'est détruit qu'en 1848 après avoir été incendié par les manifestants. Entretemps, l'incendie de l'Opéra en 1781 amène le duc d'Orléans à faire réaménager la totalité de la grande façade de son palais entre la rue de Richelieu où est érigée ce qui devient la Comédie Française et le passage de Valois. L'architecte [https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Louis_Moreau-Desproux Moreau-Desproux] signe cette réalisation qui subsiste de nos jours.

Version du 23 octobre 2020 à 17:16

Des lettres patentes du 22 avril 1769, complétées par de nouvelles lettre du 7 août suivant, modifient l'ordonnancement de la place du Palais-Royal pour en permettre l'agrandissement. Le roi ordonne
- la destruction de plusieurs maisons de la place à l'Est, rue Fromenteau, et à l'Ouest celles qui sont alors propriétés de l'hospice des Quinze-Vingts, ainsi que que celle du Château d'eau,
- la construction sur ces côtés de maisons à « décoration uniforme » dont les « façades, précisent les Lettres, soient exécutées en pierre et non en moellons ou meulières [...] et que toutes les saillies, corps et décorations qui sont figurés aux dessins soient entièrement et exactement suivis » [1].

Sont prévus des immeubles à pans coupés à chaque angle avec la rue Saint-Honoré.

Les nouveaux immeubles sont effectivement terminés en 1776 [2], mais le château d'eau est conservé et n'est détruit qu'en 1848 après avoir été incendié par les manifestants. Entretemps, l'incendie de l'Opéra en 1781 amène le duc d'Orléans à faire réaménager la totalité de la grande façade de son palais entre la rue de Richelieu où est érigée ce qui devient la Comédie Française et le passage de Valois. L'architecte Moreau-Desproux signe cette réalisation qui subsiste de nos jours.

A la fin du XVIIIe siècle la place du Palais-Royal est donc bordée au Nord par le Palais-Royal et l'emprise de la rue Saint-Honoré, à l'Est par l'emprise de la rue Fromenteau, à l'Ouest par celle de la Rue de Chartres et par leurs beaux immeubles de commerce et d'habitation, enfin au Sud par le Château d'eau. Son aspect globalement rectangulaire cache une géométrie compliquée dans laquelle s'impose rectiligne la grille du palais d'environ 77 m de long au droit des rues Fromenteau et Saint-Thomas-du-Louvre. La surface de la place est estimée à 4 300 m² à partir de l'échelle fournie par le plan d'assemblage du cadastre 1810-1830 de la Ville de Paris, 2ème arrondissement, quartier du Palais-Royal (Voir la feuille du plan d'assemblage).

D'après Prévost [3], elle donne accès à 7 portes d'immeubles dont le café de la Régence et la boutique de curiosités de Sikès au n°6 (type Kreenfeldt) de la place, à son angle Ouest avec la rue Saint-Honoré.

« Un marché au pain se tient sur la place les mercredis et samedi Elle sert aussi journellement pour les fiacres, brouettes et chaises à porteur. » (Thiéry, Guide des amateurs ..., Paris, Hardouin et Gatey, 1787, t. 1, p.232).

La place du Palais-Royal subit directement les opérations d'urbanisme liées au prolongement de la rue de Rivoli à partir de 1852 [4].

Numérotage

En ce qui concerne le numérotage des maisons de son pourtour, l'excroissance formée par la place du Palais-Royal par rapport à l'alignement de la rive sud de la rue Saint-Honoré a été traité de façon différente selon les périodes.

  • Numérotage de type Kreenfeldt-Royal : le côté Ouest de la place bénéficie d'un numérotage spécifique du n°1 au croisement rue de Chartres-rue Saint-Thomas-du-Louvre jusqu'au n°6 à l'angle nord-ouest de la place, au coin du tronçon ouest de la rue Saint-Honoré. Le côté Est est numéroté rue Fromenteau.
  • Numérotage de type sectionnaire : le côté Ouest poursuit les numéros de la rue Saint-Honoré délivrés par la Section des Tuileries du n°161 au n°166. Le côté Est termine les numéros des maisons de l'ilot délivrés par la section des Gardes-Françaises du n°42 au n°45.
  • Numérotage de type Empire : Le côté Ouest poursuit les numéros impairs de la rue Saint-Honoré du 235 au 243 dans la continuité du côté Est. Le côté Est de la même façon du n°225 au n°231.
  • Numérotage du Château d'eau au Sud de la place : Il n'est numéroté ni avec un n° Kreenfeldt-Royal ni avec un numéro de la section des Tuileries à laquelle il appartient. Il reçoit apparemment le n°233 de type Empire.

Paroisse au XVIIIe siècle

La place, pour ses côtés Ouest, Sud et Est, se trouve sur le territoire de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, pour son côté Nord sur le territoire de la paroisse Saint-Eustache.

Section (1790-1805)

La place pour ses côtés Ouest et Sud, appartient à la section des Tuileries , pour son côté Nord appartient à la section Butte-des-Moulins, et pour le côté Est à la section des Gardes-Françaises.

Arrondissement (1795-1859)

Cette place est insérée côté Ouest et Sud dans le 1er arrondissement, côté Nord 2ème arrondissement, côté Est 4ème arrondissement, quartier (Saint-Honoré), ilot 18 (voir le plan cadastral 1810-1830).

Bibliographie

Notes et références

  1. Cité par Lazare, Dictionnaire des rues de Paris, 1844, p. 519.
  2. Comme on peut le vérifier sur l'estampe illustrant l'incendie de 1781. Voir l'estampe.
  3. Prévost de Saint-Lucien, Le Provincial, t. 1, Quartier du Louvre, p. 127 Consulter et télécharger sur Google livres).
  4. Voir le plan des destructions et des créations des nouveaux ilots (1853).