Couvent des Feuillants Paris (1790)

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En 1601, Henri IV pose la première pierre de l'église des Feuillants, édifice richement orné, décoré par les meilleurs artistes du temps comme S. et A. Vouet. « Le réfectoire est très orné et leur apothicairerie est très bien soignée. » (P. 2ème partie, p. 61-63) (Voir l'histoire et la description du couvent dans A.-L. Millin, « Les Feuillants de la rue Saint-Honoré », Monuments françois, tels que tombeaux, inscriptions, statues, …, Paris, Volland, an XI, 1802, t.1 fasc. V, 82 p. ; Gallica).

Dès la décision définitive d'installer l'Assemblée dans la salle du Manège, le 6 novembre 1789 (AP, t. 9, p. 704), le couvent est réquisitionné pour y installer les bureaux et les archives de l'assemblée dans la bibliothèque. (Voir le plan reconstitué par G. Lenôtre, Paris révolutionnaire, p. 71-74). Des bureaux y sont installés dès novembre 1790 (Voir la répartition des services de la Constituante dans les locaux des Feuillants dans A. Brette, Histoire des édifices, p. 182 pour la Constituante, p. 208 pour la Législative ; Gallica et archives.org) ainsi qu’un casernement pour la compagnie de Dubouzet (Alm. Militaire, 1790, p. 141).

Les dissidents du Club des jacobins connus sous le nom de Société des amis de la Constitution séante aux Feuillants ou Club des Feuillants investissent le 18 juillet 1791 l’église du couvent des Feuillants (Augustin Challamel, Les clubs contre-révolutionnaires…, p. 276 et ss). Plusieurs centaines de membres et, à partir de la mi-décembre 1791, un public nombreux et bruyant, troublent l’ordre dans l’enceinte de l’assemblée (Encyclopédie moderne de Courtin, t. 6, partie 1, 1863, col. 700) au point que celle-ci par un décret du 21 décembre y interdit « l’établissement de toute société particulière » (Collection Baudoin, t. 26, p. 240-241 (consulter en ligne). Le lendemain les scellés apposés sur la porte de la salle obligent les membres restant à rechercher un autre local. On dit alors que l’église Saint-Honoré pourrait les intéresser (Patriote français, 31 mars 1792, n°964).

La libération de l'église des Feuillants permet qu'y siège la justice de paix pour la section des Tuileries, avec Menjaud, juge, Bizet, Pagnierre, assesseurs, Bertemy, greffier (Alm. Royal 1792, p. 362), puis Fantin, juge, assisté entre autres de Charbonnier, Foloppe et Maubert, assesseurs (Alm. Nat. 1793, p. 253), sans bureau ni personnel permanent.

La Convention quitte le Manège le 9 mai 1793, ce qui entraîne le départ des comités au Palais des Tuileries et la libération des espaces correspondants dans le couvent. A la fin de l’été 1793 le Comité de Salut Public ordonne l’évacuation de tout le couvent pour y installer, sous la conduite de l'architecte Vignon, l’administration des canons à fusil et des magasins relatifs à la fabrication des armes (CSP, « Arrêté du 10 septembre 1793 », RACSP-Supplément, 2e volume, Paris, IHRF, 1966, p. 38, Gallica)). L'autorisation temporaire accordée par le Comité de salut public à Guffroy, député, de louer l'ancien local du Comité des inspecteurs de la salle pour son imprimerie est rapportée le 17 janvier 1794 par le CSP, à la demande du ministre de la guerre qui souhaite étendre l'administration de la manufacture des armes, fusils et canons (RACSP, t. 10, p. 281-282).

En novembre 1799, la vente à l'amiable des bâtiments des ci-devants Feuillants est confiée à Me Pérignon, n°63 rue Saint-Honoré (Journal du Palais, n°103, 10 frimaire an VIII, p. 7).

Le couvent est démoli en 1804 pour le percement du segment sud de la r. de Castiglione, à l'exception de l'ensemble d'immeubles de rapport dit "Maison Neuve des Feuillants", ainsi que le chevet arrondi de l’église, repérable dans la cour d’un de ces mêmes immeubles. (Sommier, t. 1, art. 157-166, p. 41-43, p. 67). Tableaux : Hubert Robert, Démolition de l'église des Feuillants, Étienne Bouhot, La Place Vendôme et la rue de Castiglione avec les ruines de l'église des Feuillants, 1808, Paris, Musée Carnavalet.

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Notes et références