Rue Saint-Honoré - Parcelle n°167 (Empire)

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Numéros successifs de la parcelle

Les numéros de parcelles correspondent le plus souvent aux numéros des maisons (ou immeubles). À Paris, plusieurs systèmes de numérotation des biens fonciers et immobiliers se succèdent de l'Ancien régime à la période contemporaine. Voir leurs principes respectifs. Rue Saint-Honoré, le système de numérotage se complique pendant la Révolution du fait de la mise en place du numérotage "sectionnaire" et parce que cette artère est limitrophe de 7 sections dont chacune a une logique de numérotage particulière. Voir la vue d'ensemble des sections de la rue Saint-Honoré.

Type (période) Terrier (avant 1780) Royal (1780-1791) Sectionnaire (1791-1805) Empire (depuis 1806) Actuel
Numéro n°220-220 bis [1] n° 593-596 n°132 ou 141 ? n°167-169 [2] N.S. (Emprise de la rue de Marengo) [3]
Rattachement Terrier de la censive de l'archevêché [4] Paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois Section des Gardes Françaises 4e Arrondissement (ancien) [5] 1er Arrondissement
Maison n°167. A Dte, dessins de la façade sur la rue du Coq (G. Davioud, 1852, II-18).

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Correspondance des numéros

La logique de numérotage des parcelles imposables en 1792, telle qu'elle a été décodée pour la section des Gardes-Françaises, pourrait laisser penser à l'attribution du n°141 sectionnaire à la porte donnant sur la rue Saint-Honoré de cette maison d'angle (rive Nord-Est) avec la rue du Coq. Toutefois, la présence de Balzarini notée au n°132 (Gardes) de 1797 à 1804 et au n°167 (Empire) de 1805 à 1807, ajoutée à celle de Montauriol notée « au coin de la rue du Coq » avant 1789, puis au n°132 (Gardes) en 1797 et 1798, donne à penser que le n°132 (Gardes) se trouve bien à cette intersection Saint-Honoré - Coq et non pas à l'intersection Saint-Honoré - Champfleury (n°187, type Empire) comme la logique sectionnaire pourrait permettre de le déduire.
Il serait souhaitable de disposer de nouvelles sources pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. En attendant, les autres citations d'occupants au n°132 (Gardes) ont été placées dans cette parcelle n°167 (Empire).

Caractéristiques et historique

Face à la BARRIÈRE DES SERGENTS

La Barrière des Sergents [6], ancien poste de police aux XVIe et XVIIe siècles, à 50 m à l'ouest de l'Oratoire, est placé, selon les auteurs, au nord ou au sud de la rue : « Souvenir de ce poste de police face à la rue du Coq, près du carrefour Croix-des-Petits-Champs - St Honoré », face au n°149 actuel. », (Hillairet), « en face de la rue Croix-des-Petits-Champs » (Pessard, Nouveau dictionnaire de Paris, 1904, p. 1341). Son emplacement correspond à celui de la première Porte Saint-Honoré, l'une des portes de l'enceinte de Philippe-Auguste construite en 1200 et démolie en 1533. (Prévost, Quartier Louvre, 2ème partie, p. 55-56 ; La Tynna, Dictionnaire, p. 218 ; Voir notice Wikipedia, Porte Saint-Honoré).

En réalité, au XVIIIe siècle le poste de police est bien installé dans une cabane sur un modeste élargissement de la rive Nord de la rue Saint-Honoré, à l'intersection de la rue Croix-des-Petits-Champs, face au café de la Barrière des sergents.

La maison ancienne, à pan coupé comme le montre le relevé de Davioud et portant le n°167 (Empire) est démolie en janvier 1853 dans le cadre des opérations de percement du deuxième tronçon de la rue de Rivoli, décidée en 1848 [7], et de la création de la rue de Marengo, positionnée sur l'emprise ainsi élargie de la rue du Coq. La décision d'expropriation du n°167 (Empire) rue Saint-Honoré sur une parcelle de 125 m², est suivie du versement d'indemnités d'éviction aux propriétaires et locataires d'alors, Caroujat, prop., Boucher, tailleur, Dr Fanton, dentiste [8].

Propriétaire(s) avant 1789

  • Béchet, propriétaire en 1700 de la parcelle n°383, censive de l'Archevêché, à l'autre coin de la rue du Coq comprenant une maison (AN, Q1/1099-3, Atlas de la censive du Roi, ca 1700, f°48, v°).
  • n°220 (Terrier 1776)
    • L'Espine (de) puis Le Caron, Martenot et divers héritiers dont Magier, notaire.
    • Dupré en 1756.
    • Pères de l'Oratoire en 1785 (Terrier, t. II/2, p. 156-157).
  • n°220 bis (Terrier 1776)
    • Pères de l'Oratoire.

Propriétaire(s) Révolution-Empire

  • Pères de l'Oratoire,
  • Domaine National en 1790 par confiscation des biens du clergé

Propriétaires à partir de 1810

Non identifié en 1810. Caroujat, propriétaire en 1854, exproprié (voir ci-dessus).

Occupants

  • Balzarine, bijoutier, noté « Bazarelly, bijoutier, N°132 (Gard.) (1797) », n°132 (Gardes) (1798-1804), n°167 (Empire) (1805-1807).

Il pourrait s'agir d'Antoine-Vincent-Charles Balzarini, dont l'épouse Marie-Charlotte Chevalier, demeurant à Paris, rue Honoré n°141 [Gard. ?] renonce à la succession de sa sœur Claudine-Martine Chevalier (Journal du Palais, n°19, 5 nivôse an IX, p. 7-8).
Ce même Antoine Charles Balzarini, né vers 1758, décède à Paris le 23 mai 1832 (Etat-civil reconstitué). Marie Charlotte Chevalier épouse de M. Balzarini, elle-même née en 1770, est inhumée au cimetière du Montparnasse le 6 août 1849 (Registre d’inhumation, Cimetière Montparnasse, du 23/7/1849 au 11/8/1849, f°20).

  • Cagnard, mercier, n°593 (Royal) (1788).

Il pourrait s'agir de Claude Cagnard, marchand mercier à Paris, en faillite, et dont les créanciers font abandon de leurs droits le 29 janvier 1771 (AN, Y4947B, Registre des tutelles, f°973. Voir la page).

  • Chaulin, marchand d'eau-de-vie n°167 (Empire) (1805).

Il est noté au n°169 (Empire) dans l'Almanach de La Tynna, numéro apparemment non attribué, sauf erreur avec la rue du Faubourg saint-Honoré.

  • Delagrone, Charles-Vulgis, marchand épicier, n°594 (Royal) (1788, noté "Lagroué" pour "Lagrone" en 1791).

Propriétaire en 1789 de la totalité de la parcelle proche n°218 (terrier).

  • Lallemand de Sancierre, dépositaire de sculptures, au coin de la rue du Coq, s. n° [595, Royal] (1787).

« M. Martin, sculpteur, dont nous avons déjà annoncé différents bustes de 8 pouces de proportion représentant des Hommes célèbres, vient d'ajouter à la Collection, les traits d'Euler, Linné, Bernard de Jussieu, Court de Gebelin, Montaigne, Fénelon et ceux de MM le Marquis de Condorcet, Buffon et de la Lande. Ils se trouvent chez le Sr Lallemand de Sancierre, rue St Honoré, au coin de celle du Coq, A LA CARTE DE FRANCE ; prix 6 livres chaque. » (Journal de Paris, n°140, 20 mai 1787, p. 607).

  • Leroux, cordonnier, n°132 (Gardes) (1798).
  • Marielle, M. J., graveur, « au coin de la rue du Coq », n°594 (Royal) (1790).

Ste Geneviève des Bois, Comtesse de Brabant, estampe gravée par M.J. Marielle, d'après J.B. Huet [1745-1811], A Paris, chez l'auteur, r. S. Honoré au coin de celle du Coq, n° 549 [un chiffre inversé dans cette annonce par faute de typo]. (Journal de Paris, 27 novembre 1790, p. 1346).

  • Molin, tailleur, n°132 (Gardes) (1798).

Note : Voir Molin, tailleur-fripier, n°589 (Royal) en 1788.

Montauriol - Carte commerciale (AD75, s.d.)
  • Montoriol, Jean-Pierre, Montauriol, bonnetier, « au coin de la rue du Coq », s. n°, s. d. (avant 1789), Md bonnetier, n°132 (Gardes) (1797-1798).

Jean Pierre Montauriol (ca 1761- après 1808), épouse le 24 février 1781 à Paris Marie Charlotte David (avant 1764-1808) dont Angélique Charlotte (1781-1805) et Jean Baptiste Montauriol (1754-1854). Il est noté « marchand de bas », à la naissance de sa fille en 178 puis « négociant », au mariage de son fils en 1808 (Geneanet, Généalogie de Éric Montariol).
Il est possible de rapprocher Montauriol de « Montaurion, Jean-Pierre, Md mercier, séparé [de biens] de Marie-Charlotte David, le 3 décembre 1788 » (Journal de Paris, 6 décembre 1788, p. 1451).
« AU PORT DE BORDEAUX, rue Saint-Honoré, au coin de celle du Coq. MONTAURIOL, tient magasin et Fabrique de Bonneteries, de toutes espèces, en Soie, Bourre de soie, Filozelle, Poil de lapin, Vigogne, Coton et Laine ; tient aussi la Mercerie dans diverses modes anglaises ; le tout en gros et en détail A Paris » (AD75, Cartes publicitaires 1672-1850, s. d.).
Jean-Pierre Montoriol, marchand bonnetier, r. Saint-Honoré, au coin de la r. du Coq (?), acquéreur le 14 pluviôse an V [3 février 1797] d'une maison n°194, rue St Antoine, partie du couvent, confisqué, des Filles de la Croix, entrée cul-de-sac Guéménée, sur adjudication pour la somme de 165 900 livres (Sommier, t. 2, art. 3374, t. 2, p. 438 ; Tuetey, Répertoire, t. 7, p. xxvii).
Acquéreur avec Châtillon, le 18 floréal an VI [7 mai 1798], d'une maison n°1036, rue de la Madeleine, confisquée aux religieuses de la Ville-l'Évêque (Sommier, t. 1, art. 453, p. 143).

Bibliographie

  • Davioud, Gabriel-Jean-Antoine, Expropriations de 1852-1854 pour le prolongement de la rue de Rivoli, Recueil de dessins, Préfecture du département de la Seine, 2 vol. (Consulter en ligne sur le site des Bibliothèques spécialisées de Paris).
  • Babelon, Jean-Pierre, Les relevés de façade des maisons du quartier des Halles, Paris, Gazette des Beaux-Arts, 1966, tiré à part (BHVP, Usuels 711 BAB), dans lequel sont présentés et reproduits une grande partie des cahiers de Davioud.

Visiter les parcelles voisines

Numéro pair vers l'Ouest Parcelles en vis-à-vis côté Nord Numéro pair vers l'Est
n°164 (Empire)
n°162 (Empire)
n°160 (Empire) rue de Grenelle
Parcelle contiguë vers l'Ouest Cette parcelle côté Sud Parcelle contigüe vers l'Est
n°171 (Empire) rue du Coq
n°167 (Empire)
n°165 (Empire)

Notes et références

Les sources et références générales du projet Localisations parisiennes 1780-1810 sont regroupées dans : Sources & Références (Paris 1780-1810)

  1. Et n°383 dans l'Atlas de la censive du Roi de 1700.
  2. Le n°169 (Empire) est noté sur le dessin de Davioud.
  3. Tout le segment de la rue Saint-Honoré entre la rue de Rohan et l'Oratoire est remodelé au XIXe Voir le parcellaire actuel de cette zone, extrait du site officiel https://www.cadastre.gouv.fr.
  4. Voir la reproduction en fac-similé du plan de la censive de l'Archevêché. Cette parcelle apparait précédemment dans la censive des Messieurs de Saint-Germain sous le n°383 de la censive du Roi (AN., Q1/1099-3, Atlas de la censive du Roi, ca 1700, Deuxième plan de la rue Saint-Honoré, fol. 5 v°) Voir le 2ème plan.
  5. 4ème Quartier, Saint-Honoré ; Ilot 14 (AN, F/31/79/37). Voir ces parcelles sur un extrait du cadastre Vasserot (Consulter tout le cadastre Vasserot sur le site des AM de Paris)
  6. Abraham du Pradel, Le livre commode des adresses de Paris pour 1692 ; Auguste Maquet, Paris sous Louis XIV, Paris, Laplace, 1883.
  7. Voir le plan des destructions et des créations des nouveaux ilots (1853).
  8. AN, F/21/1707, Préfecture de la Seine, Ville de Paris, Registre des décisions du deuxième jury d'expropriation pour le prolongement de la rue de Rivoli, 22 avril 1854 (1ère catégorie, 2ème feuille).