Le Palais-Royal (Paris) Parcelles et habitants Révolution-Empire

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L'incendie de l'Opéra, vu des jardins du Palais-Royal (Hubert Robert, ca 1785, Carnavalet)

Bâti par le cardinal de Richelieu en 1629, l'hôtel qui prend son nom devient, après plusieurs extensions, le Palais Cardinal en 1636 Voir la notice Wikipedia. Ouverte sur la place du Palais-Royal la façade principale se trouve déjà rue Saint-Honoré. [1] [2]. Le Palais-Royal, donné par Louis XIV à son frère cadet Philippe d'Orléans, est remis en 1780 en pleine propriété à son lointain héritier Louis-Philippe, duc d'Orléans, plus connu sous le nom de Philippe-Égalité.

Au cours de la période révolutionnaire, le Palais-Royal bénéficie successivement de nouveaux noms institutionnels. Il devient le Palais-Égalité après le 10 août 1792 lorsque son propriétaire occupant, Philippe, duc d’Orléans, se croit promis aux plus hautes responsabilités sous le nom de Philippe-Égalité, une fois son cousin Louis enfermé au Temple. L’ensemble, un temps, est nommé Maison-Égalité. L’égalité étant un concept révolutionnaire, le palais du même nom arbore encore cet emblème une fois nationalisé après l’exécution du prince le 6 novembre 1793 et jusqu’en 1800 [3], lorsque Bonaparte crée le Tribunat, l’installe dans ce palais et le baptise simplement « Palais du Tribunat ».

L'incendie de l'Opéra en 1781 et la construction du Lycée

1781 : L'incendie de l'Opéra vu de la place du Palais-Royal (Litho L. Courtin, Carnavalet)

L'Opéra détruit par un incendie le 8 juin 1781 n'est pas reconstruit, le duc de Chartres manquant de fonds et la Ville de Paris ne souhaitant pas investir dans une salle dont elle n'avait que la concession d'exploitation. Cet opéra succédait à une précédente salle de théâtre, elle-même ravagée par un incendie en 1763, dont la reconstruction confiée à l’architecte Moreau-Desproux s'est achevée en 1770 en même temps que les colonnes et les arcades du centre de la façade, remplacées par les grilles que l'on connait aujourd'hui.

Comme le duc de Chartres vient de lancer en 1780 l'opération immobilière dans les jardins, il décide de faire évoluer de concert l'intérieur et l'extérieur de son palais. C'est ainsi qu'à la place de l'Opéra est construit un vaste bâtiment qui abrite divers services de la Maison du duc de Chartres devenu duc d'Orléans par la mort de son père en 1785 et dont une partie, dédiée à la Science et à la Culture, est confiée à l'association du Lycée. Ce bâtiment donne sur le nouveau passage de Valois tracé à l'Est du jardin entre les galeries de pierre et la rue des Bons-Enfants et sur la rue Saint-Honoré.

La reconfiguration de 1784-1790

Plan des travaux du Palais-Royal en 1784 par Victor Louis architecte (Champier, p. 429)

Les maisons du pourtour du jardin et les galeries commerçantes

Dans le cadre d'une vaste opération immobilière et spéculative dans ce quartier central de Paris, le duc d'Orléans décide en 1780 un remodelage complet du Palais-Royal. L'objectif affiché est la rentabilisation des lieux à l'issue de la construction dans le jardin d'un ensemble d'arcades commerçantes en forme de U renversé (en gris foncé sur le plan ci-contre), reliées par un passage couvert de même forme, l'ensemble surmonté d'un étage d'appartements, boutiques et restaurants de belle hauteur sous plafond et de deux étages bas de plafond. L'opération achevée en 1784, suscite tant critiques (des voisins qui n'ont plus vue sur le jardin) qu'éloges :

« Le Palais-Royal, l'objet de l'admiration de l'univers est singulièrement remarquable par l'affluence continuelle des nationaux et des étrangers qui l'indiquent et le prennent journellement pour leur rendez-vous : c'est une ville au milieu de Paris […] » [4].

Alors qu'avant la création de ces trois côtés de maisons intérieures que nous connaissons aujourd'hui, le jardin était largement ouvert au public et aux familles, la création des galeries de pierre, de la galerie de bois, du cirque, du nouveau théâtre français, l'ouverture de nombreux hôtels, de nouvelles maisons de jeu et de passe dans les années 1781-1785 attire désormais sous ces 180 arcades tous les trafics qui donnent en cette fin d'Ancien régime et pendant la Révolution l'image tenace d'un endroit sulfureux où il ne fait plus bon se montrer quand on se veut d'honnête réputation.

L'addition de surfaces des cours et du jardin central, d'après le cadastre Vasserot donne une superficie totale d'environ 2,6 ha dont il conviendrait éventuellement de retrancher la surface du cirque au centre du jardin si l'on fait l'hypothèse que les manifestants restent à l'air libre. Thiéry (Almanach 1783, p. 270), indique pour le jardin « cent-dix-sept toises de longueur sur cinquante de largeur » soit 228 x 97,4 m donc 2,2 ha.

L'intérieur du cirque (Estampe Le Vachez, 1788, BnF)

Au centre du jardin, le cirque

Sur une idée du duc pour organiser des courses de chevaux, Victor Louis imagine le Cirque du Palais-Royal au centre du jardin. Il réalise et termine en 1787 un édifice couvert dont le toit est porté par 72 colonnes, revêtu de treillage, long de 100 m, large de plus de 15 m, en partie enterré, dans lequel une quarantaine de boutiques ont trouvé place. Le cirque brûle en 1798 et n'est pas reconstruit.

Construction de la Salle Richelieu en 1789 (J.-B. Meunier, dessin, 1790, Gallica).

La salle de théâtre, future Comédie Française

La Ville de Paris ayant refusé de financer la reconstruction de l'édifice détruit en 1781, le duc d'Orléans, dans son état permanent de difficultés financières, préfère valoriser le terrain de l'Opéra comme indiqué ci-dessus et faire édifier une nouvelle salle sur l'espace inoccupé de l'ancienne cour des Princes donnant sur la rue de Richelieu. Ce terrain est bordé au Sud par une rangée de maisons de la rue Saint-Honoré dont la maison dite de la Civette, propriété du duc d'Orléans, jouxte le pavillon Ouest du palais.

L'ancien passage de la rue Saint-Honoré à la cour des Princes permet d'accéder au nouveau théâtre et devient de ce fait le passage de la Comédie.

La salle et la scène sont détruites par un incendie en 1900. Les réaménagements opérés lors de la reconstruction ont pour la plupart été conservés jusqu'à aujourd'hui (voir le site de la Comédie Française).

Occupants

Ses nombreux commerces et boutiques d'artisans, ses maisons d'hôtes et hôtels garnis feront l'objet d'une étude spécifique.

Fonctions officielles

Le Tribunat au Palais-Égalité (1800-1807)

Créée par le Titre III la Constitution de l’an VIII, cette assemblée est composée de 100 membres, élus pour cinq ans et renouvelable par cinquième (article 27). Le Tribunat est officiellement installé le 1er janvier 1800 dans plusieurs salles du Palais-Égalité qui a été affecté à la nouvelle assemblée par l’article 7 de la loi du 3 nivôse an VIII [24 décembre 1799] [5]. Le Tribunat déjà réduit à 50 membres en l’an XIII est supprimé par un sénatus-consulte du 19 août 1807.

Bibliographie

  • Champier, Victor et Sandoz, Charles-Gustave-Roger, Le Palais-Royal d'après des documents inédits (1629-1900), Société de propagation du livre d'art, Paris, 1900, T. 1, Du cardinal de Richelieu à la Révolution Lire le t. 1 sur Gallica, T. 2, Depuis la Révolution jusqu'à nos joursLire le t. 2 sur Gallica.
  • Tourneux, Maurice, Bibliographie de l'Histoire de Paris pendant la Révolution Française, Paris, Imprimerie Nouvelle, 1900, t. III, p. 52-56.
  • Tuetey, Alexandre, Répertoire général des sources manuscrites de l'Histoire de Paris pendant la Révolution Française, Paris, Imprimerie Nouvelle, 1882, t. II, p. II-XXXV.

Rejoindre la rue Saint-Honoré

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==Notes et références==

  1. Prévost, Le Provincial, t. 1, Quartier du Louvre, Première partie, p. 122-127 ; Deuxième parie p. 110. Consulter et télécharger sur Google livres)
  2. Lazare, Dictionnaire des rues de Paris, 1844, p. 513-519.
  3. Le bureau des commissaires de police du 2ème arrondissement de Paris se tient cour de la Maison-Égalité, attenant le corps de garde, fin 1799 (Alm. National pour l’an VIII, p. 385).
  4. R.H. Prévost, Le provincial, t. Louvre, p. 122-123.
  5. Léon Muel, Précis historique des assemblées parlementaires et des hautes cours de justice en France de 1789 à 1895, d'après les documents officiels, Paris, Guillaumin, 1896, p. 51-56 Lire en ligne sur Gallica.