Rue Saint-Honoré - Parcelle n°202 (Empire)

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2 décembre1804, Bonaparte se rend à Notre-Dame pour son couronnement Estampe par Leleu, Carnavalet

Numéros successifs de la parcelle

Les numéros de parcelles correspondent le plus souvent aux numéros des maisons (ou immeubles). À Paris, plusieurs systèmes de numérotation des biens fonciers et immobiliers se succèdent de l'Ancien régime à la période contemporaine. Voir leurs principes respectifs. Rue Saint-Honoré, le système de numérotage se complique pendant la Révolution du fait de la mise en place du numérotage "sectionnaire" et parce que cette artère est limitrophe de 7 sections dont chacune a une logique de numérotage particulière. Voir la vue d'ensemble des sections de la rue Saint-Honoré.

Type (période) Terrier (avant 1780) Royal (1780-1791) Sectionnaire (1791-1805) Empire (depuis 1806) Actuel
Numéro n°117-119 n°182 n°1352-1355 n°202 n°202
Rattachement Censive du Roi [1] Paroisse Saint-Eustache Butte-des-Moulins 2ème Arrdt (ancien) [2] 1er Arrondissement

Correspondance des numéros

  • Identité de configuration des parcelles n°117-119 (terrier du roi) et de la parcelle cadastrée n°202 (Empire).
  • Présence continue dans cette maison de la famille Dubourg, n°182 (Royal) (1788-1791), n°1352 (Butte) (1798), n°202 (Empire).
n°202 (Empire, actuel) à l'angle de la rue de Valois. A droite les magasins du Louvre (CPA, ca 1910)

Caractéristiques

  • « Nue propriété d'une maison, située rue Saint-Honoré, au coin de celle de Vallois.consistant en un corps de logis faisant l'encoignure de ces deux rues, et élevé d'un rez-de-chaussée, entresol, quatre étages quarrés et deux dans le comble, avec sept croisées de face sur la rue de Vallois et quatre sur celle Saint-Honoré, (à l'amiable) produit 14 000 l.estimation 175 000 l. » (Bureau de la rue Saint-Magloire, Tableau des biens particuliers et journal des domaines nationaux qui sont à vendre, 20 juin 1792, p. 2, Gallica).

Note : la description des croisées ne correspond pas aux images disponibles pour cet immeuble d'angle.

  • L'immeuble d'époque a été conservé et se trouve sur la parcelle cadastrale actuelle AU 3.
  • LE LYCÉE DU PALAIS-ROYAL devient ATHÉNÉE RÉPUBLICAIN puis ATHÉNÉE DE PARIS et enfin ATHÉNÉE ROYAL

Cet immeuble situé à l'intersection de la rue Saint-Honoré et du passage de Valois, dénommé Lycée du Palais-Royal, est construit en 1786 à l'initiative du duc d'Orléans à l'emplacement de l'Opéra de Paris au Palais-Royal, détruit par un incendie en 1781. L'Opéra de Paris avait été reconstruit en 1770 par Pierre-Louis Moreau Desproux en remplacement de l'ancien Opéra du Palais-Royal, lui-même incendié en 1763. Sa façade principale s'étend le long du passage de Valois où se trouve son entrée principale. Il dispose de plusieurs accès dont quelques portes sur la rue Saint-Honoré.

Dès son achèvement ce nouveau bâtiment est loué partiellement à la société d'enseignement Le lycée, fondée en 1781 par Pilastre de Rozier, un peu à l'étroit dans son local initial, rue Saint-Avoye [3]. « Le lycée autrefois nommé Musée, à cause du musée établi par Pilastre de Rozier, réunit, sous la protection spéciale de Monsieur et de Mgr le comte d'Artois, frères du roi, … » Dans ce cadre où les dames sont admises, les plus grands esprits du moment dispensent cours et leçons. (P, 2ème partie, p. 49). Parmi la dizaine de conférenciers-professeurs, on relève ainsi les noms de Monge (Physique), Marmontel (Histoire), de La Harpe (Littérature), de Fourcroy (Chimie). L'inscription annuelle, payante et sur parrainage, se fait auprès de M. Bontemps, secrétaire ordinaire de Monsieur. (Prévost, Le Provincial, t. Louvre, p.76-77).

La présence de l’Athénée de Paris rue du Lycée (de Valois) est annoncée par deux panonceaux placés entre l’entresol et le premier étage carré de la maison à l’angle de la rue Saint-Honoré et de la rue de Valois visible sur l’estampe de L.D. Leleu, Première vue du cortège de Sa Majesté Napoléon 1er Empereur des français passant devant le Palais du Tribunat pour de rendre à Notre-Dame …, Estampe, ca 1804, G.14567, Musée Carnavalet (Voir l’œuvre sur le site Paris-Musées).

Pour rembourser ses créanciers, Louis-Philippe-Joseph Égalité, duc d'Orléans, vend plusieurs bâtiments de son domaine du Palais-Royal, dont cette « très grande et belle maison appelée "Le Lycée". L'immeuble, bâti en partie sur le terrain de l'ancien Opéra, de la consistance d'environ 400 toises de superficie, comprend l'hôtel garni du Palais-Royal, de nombreuses salles et appartements. La totalité du Lycée tient à la r. S. Honoré, de Valois et à la Cour des Fontaines. L'enchère à 440 000 livres. » (Affiches, 8 juillet 1793, p. 2859).

L'entrée principale se trouve au n°2 de la rue de Valois (nom donné au Passage de Valois en 1814) [4].

Propriétaire(s) avant 1789

  • Petitpied, Melle, propriétaire de la parcelle n°117 à l'enseigne du ROY D'ESPAGNE (Terrier du Roi, ca 1720) (AN, Q1 1099-3, f°15 r°).
  • Aubert, père, propriétaire de la parcelle n°118 à l'enseigne du MOULINET D'OR (Terrier du Roi, ca 1720) (AN, Q1 1099-3, f°15 r°).
  • Mouillé, consorts, héritiers, propriétaires de la parcelle n°119 à l'enseigne de LA FLÈCHE ROYALE (Terrier du Roi, ca 1720) (AN, Q1 1099-3, f°15 v°).

Propriétaire(s) Révolution-Empire

Non identifié.

Propriétaires à partir de 1810

Moutier, propriétaire des parcelles situées n°202 (Empire) et 2 et 4 (Empire) r. de Valois. (AN, F/31/6/489).

Occupants

Les personnes listées ci-dessous sont indiquées indifféremment comme demeurant soit à l'un des numéros de la rue Saint-Honoré attribué à cet immeuble soit « au Lycée ».

  • Adamson, horloger, « Au Lycée » (Gournay, Tab. 1791-1803).

Il peut s'agir de Gustave Adolphe Adamson, horloger, âgé de 47 ans, né à Carlscrona (Suède), arrivé à Paris en 1768, au nom duquel est établi une carte de sûreté le 9 août 1793 ; à cette date domicilié r. des Augustins et antérieurement Fbg St Honoré (AN, F7/4807, n° 24). Gustave Adamson a abjuré la religion luthérienne le 8 mai 1773 (Fichier Laborde, p. 119).

  • Bar, marchand de meubles, n°1352 (Butte) (1798, 1803).
  • Bazin, bonnetier, s. n° (1788), n°184 [?] (Butte)(1791), n°202 (Empire) (1806)

« Bazin, rue S. Honoré, sur l'emplacement de l'ancien Opéra » (Tab. 1789, rubrique "bonneterie", s.n.). en haut de page on aperçoit dans l'angle en biseau entre le rez-de-chaussée et l'entresol un panneau MAGAZIN DE BAS.
Sur l'estampe

  • Bender, chirurgien, au Palais-Royal, s. n° (1790), n°1352 (Butte) (1803).

Électeur de la section du Palais-Royal (Liste des Citoyen actifs, avril 1790).

  • Blosseville, Melle, comédienne au Théâtre du Vaudeville, « Au Lycée » (1799), n°202 (Empire) (1806).
  • Chapuis, boulanger,n°1352 (Butte) (1798).

Il s'agit très vraisemblablement de Jean-Andoche Chapuis, maître boulanger, demeurant passage de Valois près de la r. St Honoré en février 1788, époux de Gabrielle Jogain, 23 ans, veuve de René Bondu, maître boulanger, fille de feu Dominique Jogain, maître boulanger et d'Edmée Sirebeau, remariée à François Bégault, boulanger et décédée. Présent à l'acte du 18 février 1788, Nicolas Bourdot, maître rôtisseur-traiteur, paroisse Saint-Roch, cousin dudit Bégault (AN, Registre des tutelles, Y 5162B, f°1170-1173).

  • Constant, limonadier, n°1352 (Butte) (1798).
  • Courdriau, cordonnier, n°1352 (Butte) (1798).
  • Degosse, maître d'hôtel garni, ancien hôtel du Palais-Royal, n°1352 (Butte) (1798).
  • Dubourg, Jean-François, épicier (Tab. 1786), n°182 (Royal) (1791), n°1352 (Butte) (1798).

« Dubourg, à l'ancien Opéra, tient la bougie, la fleur de moutarde, d'Angleterre et de Besançon, le fromage de Glocester, pâte d'Italie, & autres comestibles, &tc. », (Tab. 1786).

« Le Sr Dubourg vient de recevoir des jambons de Bayonne de la 1ère qualité. » (Affiches, 16 juillet 1790, p. 2086). « 20 feuillettes de vin de Beaune. S'adr. Sr Dubourg. » (Affiches, 25 juillet 1790, p. 2167). Jean-François Dubourg, Md épicier, n°1352 [But.], électeur en l'an VII (AD 75, Électeurs an VII).

  • Dubourg, Vve, épicier n°1352 (Butte)(1803), n°202 (Empire) (1806).

« Après avoir admiré l'étalage de Mme Dubourg, épicière, près de la rue de Valois, toujours très bien fournie en denrées provençales, nous nous rendrons à l'hôtel des Américains. », (Al. Gourmand, 1803, p. 172).

  • Dufourny, M., 1352 (Butte) (1803).
  • Glairon-Mondet, E.-J., graveur d'estampes, Maison du lycée, au coin de la rue Saint-Honoré chez le bonnetier, s. n° [Bazin] n°182 (Royal) (1787).

La surprise de l'Amour, estampe gravée par E.J. Glairon-Mondet d'après Dietrecy, dédiée à M. le comte de Cossé, A Paris, chez l'auteur, au coin de la rue Saint-Honoré, chez e bonnetier. Maison du Lycée (Journal de Paris, n°27, 27 janvier 1787, p. 123).

  • Guiraudet, M., n°1352 (Butte) (1803).
  • Janson, Md de vin, n°1352 (Butte) (1803), n°202 (Empire) (1806).
  • Richebraque, huissier, Maison du Lycée (1799-1807).
  • Talon, commissionnaire de marchandises, n°1355 (Butte) (1798).

Il pourrait s'agir de « Talon, tabletier, face à la maison [hôtel] d'Angleterre, d'un certain âge, [qui] cherche Delle de 25-30 ans sachant écrire, raccommoder le linge fin, au fait du ménage, cherche un portier pour le n°356 [1356 (Butte) ?] (Affiches, 12 août 1793, p. 3421).

  • Vicque, musicien, n°1352 (Butte) (1799).
  • Wechts, musicien d'orchestre au Théâtre du Vaudeville, « Au Lycée » (Al. Spectacles, 1799, 1800).

Résidents

Visiter les parcelles voisines

Parcelle contiguë vers l'Ouest Cette parcelle Parcelle contigüe vers l'Est
n°204 (Empire) le Palais-Royal passage de Valois
n°202 (Empire)
n°200 (Empire)
Parcelles en vis-à-vis côté Sud
place du Palais-Royal (Est) n°223 (Empire)
n°221 (Empire) n°219
n°217 (Empire)

Notes et références

  1. Cette parcelle est portée sur le 2ème plan de l'Atlas du terrier de la Censive du Roi (ca 1700). Voir ce 2ème plan.
  2. 6ème Quartier, Palais-Royal ; Ilot 1 à 3 (AN, F/31/75/22). Voir le plan parcellaire en ligne]
  3. Charles Dejob, « De l’établissement connu sous le nom de Lycée et d’Athénée et de quelques établissements analogues », Revue internationale de l’enseignement, Année 1889, Vol. 18, p. 4-38, Persée
  4. Dulaure, Histoire de Paris, Paris, Furne, 1837, 6ème éd, t. 5, p. 381.