Rue Saint-Honoré - Parcelle n°372 (Empire)

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Hôtel de la Ferté-Imbault, n°372-374 r. Saint-Honoré (2016) Agrandir


Numéros successifs de la parcelle

Les numéros de parcelles correspondent le plus souvent aux numéros des maisons (ou immeubles). À Paris, plusieurs systèmes de numérotation des biens fonciers et immobiliers se succèdent de l'Ancien régime à la période contemporaine. Voir leurs principes respectifs. Rue Saint-Honoré, le système de numérotage se complique pendant la Révolution du fait de la mise en place du numérotage "sectionnaire" et parce que cette artère est limitrophe de 7 sections dont chacune a une logique de numérotage particulière. Voir la vue d'ensemble des sections de la rue Saint-Honoré.

Type (période) Terrier (avant 1780) Royal (1780-1791) Sectionnaire (1791-1805) Empire (depuis 1806) Actuel
Numéro n°27 n°344-346 n°84-85 n°372 n°372
Rattachement Terrier de l'Archevêché Paroisse Saint-Roch Section Place-Vendôme 1er Arrondissement (ancien) [1] 1er Arrondissement

Correspondance des numéros

La parcelle n°27 (Terrier) présente une configuration correspondant à la parcelle n°372 (Empire).

Caractéristiques

HÔTEL de LA FERTE-IMBAULT précédemment HÔTEL GEOFFRIN

Cet imposant hôtel particulier du début du XVIIIe construit sur les plan de Jules-Robert de Cotte sur les parcelles n°26 et 27 (Terrier), soit les n°372 et 374 (Empire), abrite pendant près de 40 ans le célèbre "salon" de Mme Geoffrin, à laquelle très tôt se joint sa fille, et où se presse l'intelligentsia du siècle des Lumières. Il est représenté dans la fameuse composition de Lemonnier qui, en 1812, pour Joséphine de Beauharnais, rassemble de façon artificielle les plus grands noms de la littérature du XVIIIe autour de la grande salonnière.

Lemonnier, Le salon de Madame Geoffrin (1812)

Cet immeuble a été transformé vers 1850 et surélevé d'un étage. Il est conservé sur la parcelle aujourd'hui cadastrée BC 66 et inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH) depuis le 21 juillet 1994 pour « sa façade et ses toitures sur rue. » Base Mérimée du Ministère de la Culture, notice PA 00133005. Voir la notice.

Propriétaire(s) avant 1789

La Ferté-Imbault (de), marquise, propriétaire de la parcelle n°27, par donation faite en 1733 par sa mère, Marie-Thérèse Rodet (1699-1777), veuve de P. Geoffrin, principal actionnaire de la Compagnie des Glaces [future Compagnie de Saint-Gobain] (Terrier, t. II/1, p. 142) (Voir notice Wikipedia de Madame Geoffrin).

Marie-Thérèse Geoffrin (1715-1791) épouse en 1733 Philippe-Charles d'Estampes, marquis de La Ferté-Imbault. Charles d'Estampes meurt en 1737, à 25 ans, laissant son épouse avec une seule fille, Charlotte, qui elle-même meurt en 1749. Sans héritier direct, Mme de la Ferté-Imbault lègue son hôtel particulier à ses petits-neveux par alliance les d'Estampes.

Propriétaire(s) Révolution-Empire

Mme de La Ferté-Imbault puis à son décès d'Etampes, son neveu par alliance. Voir aussi n°374 (Empire).

Propriétaires à partir de 1810

Étampes (d'), marquis, propriétaire des maisons n°372 et 374 (Empire) (AN, F/31/7/278, 7/279, 7/280) (1823, puis 1834).

Occupants

  • Blangy (de), Henri-Pierre, n°344 (Royal) (L).

Henri-Pierre-Marie Le Viconte de Blangy, marquis de Blangis (1756-1823), épouse le 4 février 1784 à Paris Claudine-Louise d'Estampes (1764-1824), fille de Louis-Omer-Dominique dit le marquis d'Estampes, marquis de Mauny (1734-1815) et de Françoise-Geneviève Joly de Fleury (1742-). Louis-Omer est un neveu par alliance de Mme de la Ferté-Imbault, née Geoffrin qui l'accueille, lui et sa famille, en son hôtel n°344 (K) r. Saint-Honoré. Henri de Blangy et Claudine d'Étampes ont deux fils, Xavier (né en 1784) et Maximilien (né en 1787) (Geneanet, arbre Pierfit).

  • Chauffard, Ctne, cuisinière, n°344 (Royal) (1793).

« Ayant de bons certificats et répondants, désirerait être placée chez des personnes honnêtes (Affiches, 14 mars 1793, p. 1089).

  • Defrance-Saint-Quentin, M., n°85 (Pl. Vendôme) (1800-1803).
  • Destampes (en réalité d'Estampes), famille, n°85 (Pl. Vendôme) (1799, 1803), n°372 (Empire) (1806).
  • Estampes (d'), Louis-Omer-Dominique, marquis, n°344 (Royal) (L), Destampes, particulier, n°85 (1799) (Pl.Ven.).

Louis-Omer-Dominique, marquis d'Estampes, marquis de Mauny (1734-1815), "d'Estampes père" ou "l'aîné", est le fils de Louis-Roger d'Estampes (1711-1754), cousin germain de Philippe-Charles d'Estampes (-1737), marquis de la Ferté-Imbault, l'époux de Marie-Thérèse Geoffrin (1715-1791). Celle-ci, veuve en 1737 et sans enfants depuis le décès de sa fille en 1749, accueille dans son hôtel particulier Louis-Omer-Dominique et Françoise Joly de Fleury, épousée en secondes noces en 1762. Demeurent aussi dans cet hôtel, une fois mariés, au moins deux de leurs enfants, Louis-Omer et Claudine-Louise d'Estampes et les enfants de ceux-ci. (Voir un arbre généalogique de cette famille dans M. Hamon, Madame Geoffrin, op. cit., Annexes, p. 650-651).

Louis-Omer-Dominique d'Estampes, bénéficie de trois pensions sur le Trésor Royal, l'une en considération de son mariage et des services de ses ancêtres depuis 1762, la seconde en indemnité des suppressions des Régiments-Provinciaux depuis 1775, la troisième, depuis 1776, en considération de ses services et en attendant un Gouvernement, l'ensemble pour un total de 8 960 livres en 1789 (États des pensions, p. 138).

En 1791, à la demande de Mme Élizabeth, sœur du roi, les d'Estampes restent un temps à Paris. Toutefois Louis-Dominique d’Estampes, dit l’aîné, est donné comme émigré (Liste des émigrés du département de Paris, an II). Il ne rentre en France qu’en août 1797 « après six ans d’absence » (L’Ami des principes, n°37, 31 août 1797, p. 360). Louis-Omer-Dominique, légataire universel de sa tante, M.-T. Geoffrin, hérite, entre autres, en 1791, de l'hôtel particulier dit "Hôtel de la Ferté-Imbault" qu'il possède encore sous l'Empire. (Wikipedia, Famille d'Estampes ; G. Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire, t. XVI, 1918, page 239- 243).

D'Étampes, administrateur de la Manufacture des Glaces est l'un des 550 les plus imposés de Paris en 1807. (Allard, Almanach, 1808, p. 309).

  • Estampes (d'), Louis-Félicité-Omer, n°344 (Royal) (L), n°85 (Pl. Vendôme) (1799).

Louis-Félicité-Omer d'Estampes (1763-1833), [d'Estampes, fils dans les almanachs], maréchal de camp, fils de Louis-Omer-Dominique d'Estampes et de Françoise Joly de Fleury, est l'époux en 1787 de Christine Rouillé du Coudray. Le couple demeure à l'Hôtel de la Ferté-Imbault, qui, par héritage, lui revient en 1815 et reste sa propriété jusqu'au décès de Louis-Omer. (Wikipedia, Famille d'Estampes ; G. Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire, t. XVI, 1918, page 239- 243).

  • Estampes (d'), Claudine-Louise, n°344 (Royal) (L), n°85 (1799).

Claudine-Louise d'Estampes (1764-1824), fille de Louis-Omer-Dominique d'Estampes et de Françoise Joly de Fleury, épouse, le 4 février 1784, Henri-Pierre-Marie Le Viconte de Blangy, marquis de Blangis (1756-1823) et en a deux enfants. Le couple demeure à l'Hôtel de la Ferté-Imbault. (Wikipedia, Famille d'Estampes ; G. Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire, t. XVI, 1918, page 239- 243).

Louise-Claudine, comtesse d'Estampes, bénéficie depuis 1783 d'une pension sur le Trésor Royal « en considération des services du Sr Jean-François Joly de Fleury, son oncle, ancien Ministre des Finances, et faisant partie de la pension de 10 000 livres accordée audit sieur le 3 août 1783. » En 1789, cette pension s'élève à 5 818 livres (État des pensions, Troisième classe, p. 309).

  • Geoffrin, Marie-Thérèse, veuve du marquis de la Ferté-Imbault, n°344 (Royal) (1788, 1791).

Madame de la Ferté-Imbault, née Marie-Thérèse Geoffrin, veuve et sans enfants, habite l'hôtel dit de La Ferté-Imbault avec sa mère jusqu'au décès de celle-ci en 1777 puis jusqu'à son propre décès en 1791. Elle poursuit l'activité "salonnière" de sa mère, mais dans un style bien différent où l'autodérision tient une bonne place, témoin ce titre de reine des Lanturelus dont l'affuble ses amis dans les années 1770 (Henri de Régnier, Le Figaro, 27 mars 1928, p. 2. Voir l'article). Elle est aussi, ce qui explique son train de vie et ses largesses, actionnaire de la Compagnie des glaces de Saint-Gobain dont son père avait été le directeur et l'un des principaux actionnaires (H. Bonhomme, voir bibliographie, p. 352). Voir la notice Wikipedia.

En 1754, au décès de Louis-Roger d'Estampes (1711-1754), un cousin germain de feu son mari, elle devient tutrice des deux fils que Louis-Roger a eu de son deuxième mariage. Hector, le cadet, meurt en 1788. Louis-Dominique d'Estampes (1734-1815), l'aîné, s'installe dans cet hôtel particulier, avec sa seconde épouse, Françoise Joly de Fleury (mariage en 1762). Ils ont un fils, Louis-Omer (1763-1833) [ici d'Estampes, fils] qui épouse en 1787 Christine Rouillé du Coudray.

En 1791, à la demande de Mme Elizabeth, sœur du roi, les d'Estampes restent à Paris et Louis-Dominique, légataire universel de sa tante, M.-T. Geoffrin, hérite -entre autres - de l'hôtel particulier qu'il possède encore sous l'Empire.

(G. Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, t. XVI, 1918, page 239-243 ; notice Wikipedia sur la famille d'Estampes).

  • Gleze, marchande de curiosités, n°372 (Empire) (1806).
  • Malvert, parfumeur, n°372 (Empire) (1806).
  • Pannetot, sellier, n°85 (Pl. Vendôme) (1803), n°372 (Empire) (1806).
  • Rousseau aîné, papetier, n°372 (Empire) (1806).
  • Roux , médecin, n°372 (Empire) (1806).

Membre associé de la Société de Médecine de Paris (Allard, Almanach, 1808, p. 451).

Résidents

Bibliographie

  • Bonhomme, Honoré, Grandes dames et pécheresses, études d'histoire et de moeurs d'après des documents inédits, Paris, Charavay, 1883, Chapitre VI, Madame Geoffrin et sa fille, p. 321-373. Lire en ligne sur Gallica).
  • Hamon, M., Madame Geoffrin, Femme d'influence, femme d'affaires au temps des Lumières, Paris, Fayard, 2010, 720 p.
  • Photiades, Constantin, La Reine des Lanturelus : Marie Thérèse Geoffrin, marquise de La Ferté-Imbault (1715-1791), Paris, Plon, 1928.

Visiter les parcelles voisines

Parcelle contiguë vers l'Ouest Cette parcelle Parcelle contigüe vers l'Est
n°374 (Empire)
n°372 (Empire)
n°370 (Empire)
Parcelles en vis-à-vis côté Sud
n°363 (Empire)
n°361 (Empire)
n°359 (Empire)

Notes et références

  1. 3ème Quartier, Place-Vendôme ; Ilot 1 (AN, F/31/74/25). Voir le plan parcellaire en ligne.