Rue Saint-Honoré - Parcelle n°328-A (Empire)

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Porche d'accès au couvent des Jacobins (Estampe, ca 1770)

Numéros successifs de la parcelle

Les numéros de parcelles correspondent le plus souvent aux numéros des maisons (ou immeubles). À Paris, plusieurs systèmes de numérotation des biens fonciers et immobiliers se succèdent de l'Ancien régime à la période contemporaine. Voir leurs principes respectifs. Rue Saint-Honoré, le système de numérotage se complique pendant la Révolution du fait de la mise en place du numérotage "sectionnaire" et parce que cette artère est limitrophe de 7 sections dont chacune a une logique de numérotage particulière. Voir la vue d'ensemble des sections de la rue Saint-Honoré.

Type (période) Terrier (avant 1780) Royal (1780-1791) Sectionnaire (1791-1805) Empire (depuis 1806) Actuel
Numéro n°57 [1] n°308 [2] n°1483-1485 (?) [3] n°328-A [4] N.S.
Rattachement Terrier de l'Archevêché Paroisse Saint-Roch Butte-des-Moulins 2e Arrondissement (ancien) [5] 1er Arrondissement

Correspondance des numéros

Il n'y a pas de correspondance de numéros avec le numérotage apparaissant sur le cadastre Vasserot de 1810 du fait des reconfigurations de cet ensemble urbain à partir de 1807.

Caractéristiques

L'ENCLOS DES JACOBINS

L'un des principaux points de repère de la rue Saint-Honoré avant le numérotage des immeubles, le lieu le plus emblématique de la rue Saint-Honoré pendant et depuis la période révolutionnaire, ce grand emplacement d'une superficie estimée à 5 500 toises carrées, soit environ 2,1 ha [6] est enclavé entre la rue Saint-Honoré (accès par un porche au n°308 (Royal), le cul-de-sac de la Corderie, parallèle à la rue Neuve-des-Petits-Champs (sans accès) et la rue de la Sourdière dans laquelle prend la petite rue Saint-Hyacinthe qui se termine dans la cour du couvent. Ce couvent abrite l'une des maisons parisiennes de la congrégation des Dominicains réformés ou Jacobins.

Plan du couvent des Jacobins rue Saint-Honoré et de son quartier à Paris (Anonyme, dessin fin XVIIIe, Musée Carnavalet, D.17168, voir l'original)
  • Le porche et le passage
Litho par Régnier dans C. Nodier, t.2.

Un porche à trois arcades donne accès au passage vers la grande Cour des Jacobins. D'après le plan dressé par Verniquet annexé à son rapport d'estimation du couvent et dont l'échelle est très précise, le porche, de mur à mur, et le passage à suivre ne mesurent qu'un peu moins de 20 pieds (env. 5,9 m.) de large. Si l'arcade centrale permet le passage d'une voiture, les deux arcades latérales ne laissent place qu'à un piéton.

L'arcade de droite donne accès à une partie du passage apparemment couverte par un auvent et que les experts, dès la fin de 1790, prévoient de démolir pour permettre la création d'une nouvelle rue de 30 pieds (env. 9,1 m.) de large.
La longueur du passage depuis la rue Saint-Honoré jusqu'à la grande cour de l'enclos est de près 18 toises (env. 35 m.) à gauche et un peu plus de 17 toises (env. 33 m.) à droite).

Avant de déboucher sur la grande cour, le passage donne accès :
- A gauche (Voir le rapport d'estimation de la maison n°309 et le plan annexé) :
- - d'abord à une petite construction bâtie sur la parcelle n°52 (Terrier). Au rez-de-chaussée un couloir ouvre sur une salle et une petite cour en arrière de la maison n°309 (Royal). A l'étage une chambre. Peu de temps après la nationalisation du monastère, fin 1790, la salle du rez-de-chaussée est transformée en corps de garde pour l'unité de la Garde Nationale cantonnée dans l'un des anciens bâtiments du couvent.
- - ensuite à une deuxième petite construction bâtie sur la parcelle n°53 (terrier) qui abrite une grande pièce transformée en atelier au rez-de-chaussée et une grande pièce à chacun des deux étages. Les experts chargés de l'estimation de cette construction soulignent qu'une grande cave se trouve sous la maison et se prolonge sous le passage vers la Grande Cour et en fragilise la chaussée.
- A droite, à une porte ouverte dans le mur du passage construit entre la maison n°307 (Royal) sur la rue, parcelle 58 du terrier, et le grand bâtiment sur la grande cour, parcelle n°56 du terrier. Cette porte donne accès à une cour, commune à ces deux maisons, dans laquelle se trouve un puits commun (Voir le rapport d'estimation de la maison n°307 et le plan annexé).

  • La grande cour

Le vaste espace en forme de U sur trois côtés de l'église, depuis l'extrémité du passage vers la rue Saint-Honoré, au Sud, jusqu'aux bâtiments conventuels de part et d'autre de l'église au Nord, porte le nom de grande cour des Jacobins. On peut aussi y accéder par une grille donnant à l'Est dans le cul-de-sac Saint-Hyacinthe. Cette cour dessert, outre les l'église et les bâtiments conventuels deux maisons propriété de la congrégation louées à des particuliers.

Voir la description de la grande cour des Jacobins.

  • Les bâtiments conventuels

Les bâtiments conventuels sont constitués de l'église, de trois bâtiments en U renversé autour du cloître, de deux grands bâtiments en aile et autour d'une cour, à l'Ouest du cloître, adossés aux jardins des hôtels de la place Vendôme et de plusieurs hangars et remises dans la cour. Le grand jardin au Nord est complétement intégré au couvent, séparé de la grande cour par un mur.

Voir la description du couvent des Jacobins en 1790.

  • Les maisons alentour, propriétés de la congrégation, louées à des particuliers

Dans le courant du XVIIe et au début du XVIIIe siècle la congrégation a bâti sur son domaine des maisons de rapport dont les loyers sont destinés à financer l'entretien des bâtiments conventuels. Ces maisons sont situées principalement sur la rue Saint-Honoré et sur le cul-de-sac Saint-Hyacinthe. L'une est bâtie dans la grande cour sur la parcelle n°56 (terrier).

Le passage de la rue Saint-Honoré au couvent des Jacobins (extrait de l'Atlas de la censive de l'archevêché, t. 1 Pl. 23)

L'accès aux parcelles N° 52, 53 du terrier, situées, à l'époque du couvent, sur la gauche du passage qui mène à la Cour (ou enclos) des Jacobins depuis la rue Saint-Honoré s'effectue par le passage mais ces parcelles sont louées avec la maison sur rue, parcelles n°50-51. La parcelle n°54, située dans la grande cour des Jacobins à l'Ouest (en sortant du passage à gauche) est décrite avec la maison louée au commissaire Carré. Les parcelles n°55 (remises du monastère) et 56 (Grand bâtiment dans la cour) situées dans la cour (à droite après le passage) sont décrites dans la page de la grande cour.

Les bâtiments conventuels sont entièrement démolis en l'an III sur décision de la Convention, officiellement pour faire place au futur Marché Saint-Honoré, officieusement pour effacer les traces du cœur du pouvoir des années 1793-1794. (Lazare, Dictionnaire, 1844, p. 284-286). La maison n°309 (Royal) sur la rue saint-Honoré et les petites constructions attenantes situées à gauche du porche et du passage sur les parcelles n°51, 52, 53 du Terrier sont démolies en 1807 pour dégager l'emprise de la rue du Marché Saint-Honoré (Décision du ministre de l'Intérieur du 18 prairial an VIII [7 juin 1800], dernier décret d'application du 31 janvier 1807 (Lacaze, Dictionnaire, 1855, p. 409-411) qui mène au Marché Saint-Honoré.

Propriétaire avant 1789

Les Jacobins.

Propriétaire Révolution-Empire

  • Le domaine National.
  • La compagnie Bodin

Le grand emplacement n°1485 (Butte), comprenant tous les bâtiments claustraux servant aux ci-devant religieux Jacobins et démolis en prairial an III sur décret de la Convention, est vendu le 29 messidor an VIII à la compagnie Bodin pour y construire un marché couvert. (Sommier, t. 1, art. 847, p. 314).

Propriétaire à partir de 1805

Vraisemblablement la Cie Bodin et progressivement les acquéreurs des maisons construites sur les deux rives de la nouvelle rue du Marché Saint-Honoré.

Occupants et résidents

Les nombreux occupants et résidents de l'enclos des Jacobins sont présentés dans les bâtiments où ils logent :

Bibliographie

  • Lenôtre, Gaston, Paris révolutionnaire, en particulier pour les descriptions et plans, p. 316-331.
  • Millin, Aubin-Louis « Le couvent des Jacobins de la rue Saint-Honoré », Monuments françois, tels que tombeaux, inscriptions, statues, …, Paris, Volland, an XI, 1802, t. 1, fasc. IV, 69 p. Lire en ligne sur Gallica.
  • Monin, H., Lazard, L., Sommier des biens nationaux de la Ville de Paris, Paris, Léopold Cerf, 1920, t. 1, De la première à la quatrième municipalité, p. 323-328. Consulter en ligne sur Gallica),

Visiter les parcelles voisines

Visiter le couvent des Jacobins
Visiter la grande cour des Jacobins
Parcelle contiguë vers l'Ouest Cette parcelle Parcelle contigüe vers l'Est
n°330 (Empire)
n°328-A (Empire)
n°328 (Empire) = rue du Marché Saint-Honoré
Parcelles en vis-à-vis côté Sud
n°329 (Empire)
n°329 (Empire)
n°327 (Empire)

Notes et références

Les sources et références générales du projet Localisations parisiennes 1780-1810 sont regroupées dans : Sources & Références (Paris 1780-1810).
  1. L'ensemble du domaine du monastère des Jacobins se trouve sur cette parcelle n°57
  2. Ce numéro indiqué par Prévost (Le Procinvial, t. Louvre, p. 78) a été attribué au passage central du porche situé sur la rue Saint-Honoré. Les numéros de portes de type royal affectés à diverses maisons à l'intérieur de la Cour des Jacobins sont sans doute impossibles à attribuer à une parcelle du terrier.
  3. Il est ici difficile, voire impossible, de faire correspondre les numéros de portes de type sectionnaire avec les parcelles du terrier et des numéros de type royal.
  4. Le n°328-A n'existe pas dans la nomenclature de numérotage de type Empire. Il a été créé ici pour matérialiser en 1805 l'emplacement de l'accès à la cour des Jacobins dans la rue Saint-Honoré.
  5. 6ème Quartier, Palais-Royal ; Ilot 12 (AN, F/31/75/31). Voir le plan parcellaire en ligne.
  6. Archives Nationales, Q2/121/14, Comité d'aliénation des biens nationaux, MM. Verniquet et Mouchelet, experts, Procès-verbal d'estimation du couvent des Jacobins, Paris, 1er février 1791, p. 5.