Rue Saint-Honoré - Parcelle n°354 (Empire)

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E. Bouhot Démolition de l'Eglise des Feuillants. (1808, Carnavalet) - le n°354 au centre en angle

Numéros successifs de la parcelle

Les numéros de parcelles correspondent le plus souvent aux numéros des maisons (ou immeubles). À Paris, plusieurs systèmes de numérotation des biens fonciers et immobiliers se succèdent de l'Ancien régime à la période contemporaine. Voir leurs principes respectifs. Rue Saint-Honoré, le système de numérotage se complique pendant la Révolution du fait de la mise en place du numérotage "sectionnaire" et parce que cette artère est limitrophe de 7 sections dont chacune a une logique de numérotage particulière. Voir la vue d'ensemble des sections de la rue Saint-Honoré.

Type (période) Terrier (avant 1780) Royal (1780-1791) Sectionnaire (1791-1805) Empire (depuis 1806) Actuel
Numéro n°35 n°332 n°1515-1516 n°354 n°356
Rattachement Terrier de l'Archevêché Paroisse Saint-Roch Butte-des-Moulins 2e Arrondissement (ancien) [1] 1er Arrondissement

Correspondance des numéros

  • La parcelle n°35(Terrier) qui forme l'angle Est "Place-Vendôme - rue Saint-Honoré" présente une configuration correspondant à la parcelle n°354 (Empire).
  • Présence continue d'une étude de notaire, Raguideau de 1788-1793 au n°332 (Royal) à 1803 au n°1516 (Butte) puis Noël son successeur au n°354 (Empire).

Caractéristiques

Immeuble n°356 (actuel), à l'angle de la Place Vendôme Agrandir

Plusieurs annonces pour des appartements à louer dans cette maison permettent d'en imaginer la configuration :
- A louer « Bel appartement au 1er, pouvant se diviser, avec ou sans Rem., Écuries, Caves, Grenier, Cuisisne, Chambres de domest. & petit appartement de garçon au 2d. Pour Pâques. Rue S. Honoré, au coin de la place des Piques, n°332 & 1515. S'adr. au portier  » (Affiches, 25 janvier 1793, p. 340).
- Puis, Me Raguideau propose à la location dans son immeuble deux appartements au 1er, ornés de glaces, boiseries et parquets (Affiches, 1er août 1793, p. 3228) et à nouveau « loue 2 appartements au premier, ornés de glaces, boiseries, parquets avec cuisine, présentement ou pour le 1er janvier. » (Affiches, 18 octobre 1793, p. 4435). Nouvelle annonce identique en avril 1794 (Affiches, 12 germinal an II [1er avril 1794], p. 6928).

L'immeuble XVIIIe, conservé au début d'une enfilade d'hôtels particuliers de belle allure, se trouve sur la parcelle cadastrale actuelle AZ 12 qui forme l'angle Nord-Est du carrefour Saint-Honoré-Castiglione-place Vendôme.

N°354 (Empire) et enfilade d'hôtels particuliers vers l'Est de la rue Saint-Honoré (D. Waquet, 2018)

Propriétaire(s) avant 1789

Marquet de Bourgade, receveur des finances, propriétaire depuis 1776 de la parcelle du terrier de l'Archevêché désignée par les n°35, rue Saint-Honoré, n°1 et 2 place Vendôme. Il décède en 1788. Son neveu et héritier Maurice Marquet-Desgrèves la cède immédiatement à Me Raguideau de la Fosse, notaire, en 1788. (Terrier, t. II/1, p. 150-151, Pl. 12,).

Propriétaire(s) Révolution-Empire

Maurice Raguideau de la Fosse revend à Charles Morel de Vindé en 1793, mais reste locataire. (P. Bertholet, Études et notaires parisiens en 1803, p. 157).

Charles-Gilbert Terray, vicomte Morel de Vindé (Paris, 1759-Paris, 1842), est conseiller au Parlement de Paris (1776), président de tribunal à Paris (1790-1791), agronome, auteur de mémoires et préceptes (Morale de l'Enfance), pair de France en 1815. Il épouse en 1780 Marie-Renée Choppin d'Arnouville (1763-1835) (Geneanet, Frédéric Huot) (Larousse du XXè siècle, t. 4, p 984).

Propriétaires à partir de 1810

Chéronnet. (AN, F/31/7/270).

Occupants

  • Bougainville, membre de l'Institut (1796) (Al. National, an IX, p. 558).

Louis-Antoine de Bougainville (Paris, 1729 – Paris, 1811), officier de marine, navigateur et explorateur français, élu en 1796 à l'Institut, "Classe Sciences Morales et Politiques, section Géographie et au Bureau des Longitudes", grand officier de la Légion d'Honneur, comte et sénateur d'Empire (Larousse, t. 1, p. 802). Il déménage ensuite rue du Helder (La Tynna, an XI, p. 478).

  • Brière-Mondétour, Isidore-Simon, écuyer, économe du clergé, maire du 2è Arrondissement (1803, an XIII-1806) (Al. Nat., an X, p. 383 ; an XIII, p. 620).

Isidore-Simon Brière de Mondétour (Saint-Chéron (Essonne), 1753 – Paris, 1810), époux de Marie-Anne Louise Poussepin en 1783, décédée en 1787, père de 3 enfants et membre d'une importante fratrie (Geneanet, bmp de Maigret). En 1788, économe général du clergé de France (AN, Tutelles, Y 5169B, f°293-295). En janvier 1791, il demeurait encore r. de Richelieu. (AN, Tutelles, Y 5198A, f°539).

  • Bussy (de), clerc à l'étude de Me Raguideau (1792).
  • Danvin, chocolatier (1806).
  • Gojard, M.
  • Lefranc, lingère (1791).
  • Le Roy, limonadier (1791-1806).
  • Le Sourd, Jérôme-Antoine, principal clerc de Me Raguideau en 1792, n°1515 (But.).

En 1792, J. A. Le Sourd (1765-1855) est premier clerc de Me Raguideau chez qui il demeure. Le Sourd, membre de la Garde Nationale au bataillon de la Butte-des-Moulins, comme de Bussy, jeune clerc, participe à la défense des Tuileries dans la nuit du 9 au 10 août 1792. Il dit avoir été informé de la conjuration par des clients de l'étude dont le Sr Suleau, ancien condisciple de Camille Desmoulins (« Souvenirs de J.A. Le Sourd sur la journée du 10 août 1792 », La Révolution française, t. 33, 2e semestre 1897, p. 261-270).

  • Marquet-Desgrèves, Maurice-Alexandre, receveur général des finances (1788-1791) (Al. R., 1790, p. 595 ; L ; P).

Maurice-Alexandre Marquet des Grèves (né en 1748, Armorial, Reg. 5, 2ème partie, p. 170), receveur général des finances à Auch en 1776 puis à Bordeaux en 1781, est un neveu de Jacques Marquet de Bourgade et de Jean-Daniel Marquet de Montbreton (né en 1718), receveur général des Finances de la généralité de Grenoble en 1781, demeurant alors place Louis-le-Grand (AN, Tutelles, Y 5080B, 22 avril 1781, f°23).

  • Maurey, assesseur du tribunal de paix de de la division de la Butte des Moulins, n°1515 (But) (1799) (Alm. Nat. an VIII, p.385).
  • Mérat, Pierre-Louis, boutonnier, n°1516 (But.) (1802).

Pierre-Louis Mérat, boutonnier, rue Saint-Honoré n°1516, déclare qu’il a perdu la carte de sûreté qui lui avait été délivrée le 14 messidor an II par la municipalité du 2ème arrondissement. Il demande au commissaire de police de la S. Butte des Moulins la délivrance d’une nouvelle carte. Ses témoins sont Henri Lemoine, serrurier, Jean-Baptiste Dupont, menuisier, tous deux cour des ci-devant Jacobins, Pierre-Léonard Foucault, marchand de vin et J. Baptiste Dié, vitrier, rue Saint-Honoré. Signalement de Mérat : 35 ans, 1,72 m, cheveux bruns, visage ovale, front grand, yeux roux [sic], nez effilé, bouche moyenne, menton large à fossettes (Archives de la Police AA/115, Passeports, cartes de séjour, 1802, le 22 prairial an 10 [11 juin 1802]).

  • Noël, André-Claude, notaire, succ. de Raguideau (1806).

A.-C. Noël (Paris, 1777 - Paris, 1832), premier clerc chez Me Montaud, pendant 5 ans, acquiert l'étude LXVIII auprès de Raguideau et la tient jusqu'en 1822 (AN, Référentiel producteurs, FRAN_NP_010806). Notaire officiel de l'Empereur et de l'Impératrice. (La Tynna, 1807, p. 364). Inhumé au cimetière Parisien du Père Lachaise.

  • Raguideau de Lafosse, Maurice, avocat au conseil du Roi, notaire (1788-1803)(Al. R., 1788; 1790, p. 398).

M. Raguideau de la Fosse (Oisé (Sarthe), 1759 – Paris, 1805), fils d'un notaire du Mans, épouse en premières noces, en 1790, Marie-Antoinette Lagrenée (1768-1795), et en secondes noces, Charlotte Laroche (1773-1826). Il rachète en 1788 la charge LXVIII à A. Rousseau chez qui il est premier clerc place Louis-le-Grand. Il est le notaire de la famille Beauharnais, dresse l'acte de mariage de Joséphine avec Bonaparte et devient le notaire officiel de l'Empereur et du Gouvernement. (Geneanet, Pierfit).

Il est l'un des 300 représentants de la commune provisoire (18 septembre 1789) (P. Robiquet, Municipalité, p. 214). Électeur du Département de la Seine (Anonyme, Électeurs an IV, p. 4 ; Al. Nat., an V, p. 356), membre du Conseil Général de la Seine de mars 1800 à son décès le 21 juillet 1805. (P. Bertholet, Id., p. 158). Après son décès, sa veuve revend la charge à A. Noël en août 1805 (AN, Référentiel producteurs, FRAN_NP_010609).

Résidents

  • Crenière, Jean-Baptiste, marchand de fer à Vendôme, député aux États-Généraux et à l'Assemblée Nationale Constituante, n°332 [Royal], rue Saint-Honoré (1790-1791) (Brette, États Généraux, t. 2. Gallica).

Visiter les parcelles voisines

Parcelle contiguë vers l'Ouest Cette parcelle Parcelle contigüe vers l'Est
n°356 (Empire) Place Vendôme [2]
n°354 (Empire)
n°352 (Empire)
Parcelles en vis-à-vis côté Sud
Passage des Feuillants n°349 (Empire)
n°347 (Empire)
n°345 (Empire)

Notes et références

Les sources et références générales du projet Localisations parisiennes 1780-1810 sont regroupées dans : Sources & Références (Paris 1780-1810).
  1. 6ème Quartier, Palais-Royal ; Ilot 12 (AN, F/31/75/31). Voir le plan parcellaire en ligne.
  2. Le très petit segment de voie entre la rue Saint-Honoré et la quadrilatère de la place porte le nom de Place Vendôme avant de devenir le segment Nord de la rue de Castiglione après 1805.