Rue Saint-Honoré - Parcelle n°270 (Empire)

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n°270 rue Saint-Honoré (D. Waquet, 2016)

La présente notice s'inscrit dans le projet collaboratif Localisations parisiennes (1780-1810).

Numéros successifs de la parcelle

Les numéros de parcelles correspondent le plus souvent aux numéros des maisons (ou immeubles). À Paris, plusieurs systèmes de numérotation des biens fonciers et immobiliers se succèdent de l'Ancien régime à la période contemporaine. Voir leurs principes respectifs. Rue Saint-Honoré, le système de numérotage se complique pendant la Révolution du fait de la mise en place du numérotage "sectionnaire" et parce que cette artère est limitrophe de 7 sections dont chacune a une logique de numérotage particulière. Voir la vue d'ensemble des sections de la rue Saint-Honoré.

Type (période) Terrier (avant 1780) Royal (1780-1791) Sectionnaire (1791-1805) Empire (depuis 1806) Actuel
Numéro n°93 n°252-256 n°1423-1424 n°270 n°270
Rattachement Terrier de l'Archevêché Paroisse Saint-Roch Butte-des-Moulins 2e Arrondissement (ancien) [1] 1er Arrondissement

Correspondance des numéros

  • Identité de configuration et de propriétaire (famille Arnoult) des parcelles terrier n°93 et n°270 (Empire).
  • Présence continue de la famille Odiot de 1791 au n°254 (Royal) à 1806 au n°270 (Empire) en passant par 1798 au n°1424 (Butte).
  • Présence continue de Prévoteau dans cette maison au n°253 (Royal) (1788), n°1424 (Butte) (1798, 1803) n°270 (Empire) (1806).

Caractéristiques

Implantation du n°252 d'après le rapport des experts

ANCIEN HÔTEL DU SAINT-ESPRIT « Maison dite de l'hôtel du Saint-Esprit et dépendances, situées à Paris, rue Saint-Honoré, n°252 [Royal] provenant de la communauté des RP Minimes de la Place Royale.
Cette maison consiste en un corps de logis sur la rue de trois croisées de face, double en profondeur, élevé d'un rez-de-chaussée, trois étages carrés, un quatrième lambrissé sur la rue et carré sur la cour, un cinquième étage au dessus, sur la cour en mansarde et lambrissé sur la rue, et enfin un sixième étage aussi lambrissé, pratiqué sous la pointe de comble... Sous le dit corps de logis est un étage de caves.
Cour ensuite, pavée de grais en grande partie avec pente et ruisseau pour l'écoulement des eaux à la rue, le surplus dallé en pierre, pompe en plomb à droite avec son balancier.
Aile à droite et à gauche, renfermant chacune un escalier de face et élevés de cinq étages carrés au dessus de celui du rez-de-chaussée avec combles couvert de tuiles. A la suite à droite, une autre aile faisant corps de quatre croisées de face élevée d'un rez-de-chaussée, trois étages carrés et grenier au dessus pratiqué sous un comble couvert de tuiles.
A la suite de l'escalier à gauche une aile de quatre croisées de face dont trois en avant-corps, la quatrième en arrière-corps faisant néanmoins avant-corps sur l'aile de l'escalier élevée d'un rez-de-chaussée, deux étages carrés et un troisième étage en allège avec comble.
A la suite dudit escalier est pratiqué une loge de portier à solives par un châssis en mansarde et fermé d'une porte vitrée.
A la suite dudit escalier à droite une écurie à solive... à côté une cuisine, actuellement à usage de Laboratoire pour l'apothicaire [Delunel] occupant le corps de logis du Fond...
Ensuite un petit escalier en charpente à noyau et limon avec rampes à balustres tournées. En retour une salle actuellement à usage de cuisine, aux frais du locataire, plafonnée, planchéyée, éclairée sur l'escalier par un châssis à coulisses... Salle-à-manger ensuite, plafonnée, planchéyée et boisée... En retour et en aile un cabinet à cheminée plafonné, fermé sur la salle-à-manger par une porte vitrée.
Dans la cour est pratiqué aux frais du locataire une boutique de Pharmacie en forme de pavillon isolé fermé en vitrage.
[Suit la description des étages].

Ladite maison tient du levant et à droite à une maison appartenant à la Fabrique de Saint-Eustache, du couchant et à gauche à Madame Teston, de midi et au fond à M. Boulanger, du midi par-devant à la rue Saint-Honoré.

Cette maison est tenue à bail par M. Champion en vertu du bail passé par devant Me Gibert à Paris, le 31 décembre 1787, pour 9 années à commencer le 1er octobre 1789. » (AN, Q2/120, Comité d'aliénation des biens nationaux, Maugin et Le Normand, Rapport d'expertise sur le lot n°10 de la 3ème Subdivision, 31 août 1790).

Consulter en ligne et télécharger sur archive.org la transcription intégrale du rapport des experts.

  • « Gomboust, auteur du plan de Paris en 1652, logeait à l'hôtel du Saint-Esprit, qui se tenait à égale distance, ou peu s'en faut de la rue des Frondeurs et de l'église Saint-Roch » (Lefeuve, p. 76).
  • L'immeuble XVIIIe est décrit ci-dessus en 1790 comme ayant trois croisées de face sur la rue. L'immeuble au n°270 (actuel), sur la parcelle cadastrée AX 19, présente 4 fenêtres par étage et sa disposition d'ensemble (emplacement du porche, disposition de la cour intérieure) correspond au plan du cadastre Vasserot. Une recherche complémentaire doit permettre de déterminer l'époque de l'immeuble (vraisemblablement tout début XIXe, à confirmer).

Propriétaire(s) avant 1789

Les Minimes de la Place Royale, propriétaires de la parcelle n°93 (Terrier, t. II/1, p. 177), louée, avant 1789, à Champion et autres. (Sommier des Biens Nationaux, Art. 82, p. 313).

Champion, locataire principal (avant 1789).

Il pourrait s'agir de Claude-François Champion, huissier de la chambre de la Reine, demeurant r. St Honoré, paroisse St Roch, époux de Marie Thérèse Digoin de Varigny, fille de Claude Digoin de Varigny. C.-F. Champion est un beau-frère de Henry-François Digoin de Varigny et de Victoire Adélaïde Digoin de Varigny, décédée, épouse de Charles Lahard, artiste peintre. (AN, Y 5174A, Registre des tutelles du 1er au 15 janvier 1789, acte du 8 janvier 1789, f°213-222). Il est le père d'Anne-Clément-Félix Champion, acquéreur de la maison n°62 (Tuileries) en 1791. On ne sait pas s'il est également occupant de cet maison.

Propriétaire(s) Révolution-Empire

Maison dite "Hôtel du Saint-Esprit", N° 1424 [Butte], puis 270 [Empire], anciennement au N° 252 [Royal], ayant appartenu aux Minimes de la place Royale, confisquée comme bien national puis vendue par le Domaine National le 22 décembre 1790 à Arnoult, épicier, rue l’Évêque. (Sommier, Id.).

Propriétaires à partir de 1810

Arnoult, Veuve (AN F/31/7/228).

Occupants

  • Arnoult, Nicolas-Robert, rentier, n°1424 (But.) (1804).

Nicolas-Robert Arnoult [orthographié Arnaud, document signé Arnoult fils], né à Paris, 27 ans, rentier, remplacé aux Armées, domicilié à Soissons, « logé en ses meubles rue Saint-Honoré, maison appartenant à son père n°1424 » sollicite un passeport pour se fixer définitivement en cette ville et présente pour témoins Nicolas Virion, rentier et Nicolas Fresse, journalier, demeurant tous deux même rue, même maison. Signalement de N.A. Arnoult : 1,68 m ; cheveux brun, front grand, yeux bleux un peu louches, nez long et gros, bouche moyenne ... fossettes, visage ovale (Archives de la Police, Déclarations de pertes de cartes de séjour, pluviôse-messidor an XIII, section Butte des Moulins, 30 brumaire an 13, AA/122, f°26).

  • Delunel, apothicaire, n°253 (Royal) (1789), n°1424 (Butte) (1793, an V, 1803).

« Delunel, près Saint-Roch, connu avantageusement par plusieurs mémoires sur l'émétique, le kermès, l'éther, la terre foliée, la distillation, & les plantes inodores. » (Tab. 1786).
Delunel annonce qu'il déménage à l'hôtel du Saint-Esprit au n°253 (Royal) (Journal de Paris, 5 juin 1789, p. 705).
En 1797, il est membre de la Société libre des Pharmaciens de Paris (Al. National, an V, p. 385-388).
L'apothicaire demeure dans le corps de logis du fond. Il a installé sa boutique « en forme de pavillon isolé » dans la cour et son laboratoire dans une ancienne cuisine à côté de l'écurie (d'après le rapport des experts fonciers en août 1790. Voir ci-dessus).

  • Fresse, Nicolas, journalier, n°1424 (But.) (1804).

Témoin, avec Nicolas Virion, de Nicolas-Robert Arnoult devant le commissaire de police de la Butte-aux-Moulins pour le renouvellement d’un passeport (Archives de la Police, Déclarations de pertes de cartes de séjour, pluviôse-messidor an XIII, section Butte des Moulins, 30 brumaire an 13, AA/122, f°26).

  • Garcelon, chaudronnier, n°1424 (Butte) (1798).

Antérieurement au n°310 (Royal). « Le Sr Garcelon, Md poëlier, r. S. Honoré, près les Jacobins, n°310, prévient le public qu'il vient de faire construire une tribune avec tout le confort sur la Colline de Chaillot pour la fête de la Fédération. » (Affiches, 10 juillet 1790, p. 2000-2001).

  • Gourdin, homme de loi, n°1424 (Butte) (1793).

Intermédiaire pour la location d'une maison de 3 étages avec boutique attenante au bâtiment neuf des Feuillants, à côté du notaire [Pérignon, n°62 (Tuil]], occupée par un Clinquaillier (propriétaire ou principal locataire) (Affiches, 21 mars 1793, p. 1225).

Intermédiaire dans la vente d'une imprimerie près de la Convention : « Gourdin, homme de loi, maison du Ctn Delunel, apothicaire, n° 1424. » (Affiches, 20 septembre 1793, p. 3957).

  • Liébert, pharmacien, n°270 (Empire) (1806).
  • Michelot, Jacques-Philippe, luthier, n°255 (Royal) (Gournay, 1789, 1791).

Jacques-Philippe Michelot, maître luthier (Tab. Musique, 1785, p. 69 ; Tab. 1791 "Art"), ami de Jean-Jacques Caumont, tapissier, et de son épouse, Marie-Madeleine Maine, soeur de Jean-Robert Maine, maître sellier, demeurant rue Saint-Honoré. Michelot est également ami de Jean-Jacques-Louis Blaye, papetier, d'Edme-Claude Lefevre, demeurant également rue Saint-Honoré, et de Henri-Vincent Thouvenin, ébéniste, tous intervenants à un acte du 26 juin 1788 (AN, Tutelles, Y 5167 B, f°549-552).

  • Odiot, orfèvre, n°254 (Royal) (1791), n°1424 (Butte) (1798).

Il pourrait s'agir de Claude-Dieudonné ou de Pierre Odiot, frères de Jean-Baptiste-Claude Odiot tenant dans cette maison une deuxième boutique d'orfèvrerie-joaillerie du célèbre joaillier [2].

  • Odiot, veuve, n°270 (Empire) (1806).
  • Prévoteau, Nicolas-Charles, arquebusier, puis fourbisseur, n°253 (Royal) (1788), n°1424 (Butte) (1798, 1803) n°270 (Empire) (1806).

Nicolas Charles Prévoteau est, par son épouse, un oncle de Rosalie Maheu, décédée en 1789, épouse de Martin-Guillaume Biennais, tabletier, qui tient boutique en face et se pose en concurrent direct des joailliers Odiot. (AN, Tutelles, Y 5180B, f°462-465).

En janvier 1791, Prévoteau, armurier, en face des Écuries du roi, dont la boutique avait été pillée dans la nuit du 12 au 13 juillet 1789, demande qu'on lui paye la somme de 232 livres, montant des réparations des fusils et armes qu'il a effectuées pour le bataillon de Saint-Roch. (Tuetey, Répertoire, t. 2, p. 220).

  • Virion, Nicolas, rentier, n°1424 (But.) (1804).

Témoin, avec Nicolas Fresse, de Nicolas-Robert Arnoult devant le commissaire de police de la Butte-aux-Moulins pour le renouvellement d’un passeport (Archives de la Police, Déclarations de pertes de cartes de séjour, pluviôse-messidor an XIII, section Butte des Moulins, 30 brumaire an 13, AA/122, f°26).

Résidents

  • Durand de Maillane, Pierre-Toussaint, avocat, député de la ville de Saint-Remi, y demeurant, député aux États-Généraux et à l'Assemblée Nationale Constituante, 254 [Royal], rue Saint-Honoré (1791) (Brette, États Généraux, t. 2. Gallica).
  • Isnard, Maximin, négociant a Draguignan, député du Var à l'Assemblée Nationale Législative, réside initialement à « l'hôtel d'Angleterre, s. n° [cité au n°452 (Royal)] » (12-91, 8-92). Membre de la Convention Nationale il continue de résider dans ce même hôtel jusqu'à son exclusion comme soutien des Girondins (12-92, 4-93, 12-93). Après sa réintégration le 14 frimaire an III [4 décembre 1794], puis comme membre du Conseil des Cinq-Cents, il réside au « n°1424 [Butte] » (12-94, 4-96, 12-98).
  • Lesage, Denis-Toussaint, président du tribunal de Chartres, député d'Eure-et-Loir, membre de la Convention Nationale, « maison de Monsieur Delunel, apothicaire » ( 12-92, 4-93, Exclu, 12-93, 12-94).
  • Solliers, Étienne, avocat, demeurant à Saignon, député de Forcalquier, député aux États-Généraux et à l'Assemblée Nationale Constituante, 254 [Royal], rue Saint-Honoré (1791) (Brette, États Généraux, t. 2. Gallica).

Visiter les parcelles voisines

Parcelle contiguë vers l'Ouest Cette parcelle Parcelle contigüe vers l'Est
n°272 (Empire)
n°270 (Empire)
n°268 (Empire)
Parcelles en vis-à-vis côté Sud
n°289 (Empire)
n°289 (Empire)
n°289 (Empire)

Notes et références

  1. 6ème Quartier, Palais-Royal ; Ilot 17(AN, F/31/75/36). Voir le plan parcellaire en ligne.
  2. J.-M. Pinçon, O. Gaube du Gers, Odiot l'orfèvre, trois siècles d'art et de créations, Paris, Sous le vent, 1990, 217 p.